Cow-Boy 1865

Un nouvel article avec ce cow-boy à cheval sculpté par Gianni La Rocca pour la marque italienne Roméo. Une des pièces choisies pour le Trophée des Nations 2009, qui s’est tenu à Lugdunum en février.

Le cheval descend une pente très raide, son cavalier se jette arrière pour conserver l’équilibre. Une attitude originale et une foule de détails bien sentis. Il s’agit bien d’un véritable garçon vacher qui passe sa vie à cheval pour garder le bétail.

Après cette courte introduction, passons au montage de la pièce

Montage de la pièce

Tout d’abord j’assemble le cheval, en quatre pièces principales : les deux demi-corps, la tête avec l’encolure et la queue. Je fais un premier montage à blanc pour vérifier que tout s’ajuste bien. Pas de problème ! Polissage classique à la laine d’acier, collage à l’Araldite, un peu de Milliput pour fignoler les joints et le tour est joué.

Je continue par le cavalier. Ici ça se corse ! Tout d’abord la fonderie est moyenne, y compris le visage. Pas mal de reprises (rebouchages, lissage, affinage …) assez chiantes ! Mais les défauts négligés à ce stade seront beaucoup plus difficiles à corriger plus tard. Mieux vaut donc passer un peu de temps sur la préparation pour être tranquille ensuite !

 

Le montage du cheval est terminé ; celui du cavalier commence ...
Le montage du cheval est terminé ; celui du cavalier commence ...

La suite du montage est particulièrement délicate avec l’installation des deux pans du long manteau, qui tombent de chaque côté du cheval.

Le cavalier est emboîté dans sa selle, entre des rouleaux de couverture attachés devant et derrière. Pendant un moment j’ai été un peu inquiet quant à la manière dont tout cela allait s’ajuster, tout en restant séparable pour la peinture.

Mais ça passe ! Un conseil si vous faites cette pièce : collez la partie supérieure de la selle sous le personnage, et pas sur le cheval ! Il reste ainsi un degré de liberté qui permet de basculer le cavalier de l’avant vers l’arrière pour l’emboîter correctement.

Voici donc le cheval seul avec tout son équipement particulièrement bien fourni. Nous avons affaire à un grand voyageur !

Le cheval est prêt pour la peinture. Tous les accessoires sont installés
Le cheval est prêt pour la peinture. Tous les accessoires sont installés

 

 

Et le cavalier en place. Bien entendu, à ce stade, la pièce est en deux parties séparables :

  • le cheval, soigneusement tigé pour assurer une bonne fixation (une tige d’acier est d’ailleurs insérée au moulage dans la jambe avant, ce qui est rassurant !
  • et le cavalier, tigé … là où vous savez !

 

 

 

 

Passons au décor !

La pièce est prête à être peinte, et je n’ai pas encore choisi le décor ! J’ai beaucoup hésité … Sur les photos précédentes, il s’agit d’un premier projet que j’ai finalement laissé de côté.

Je reprends le petit morceau de plomb fourni dans la boîte. C’est bien maigre : il donne la pente, mais c’est tout !

Je décide que notre cow-boy et sa monture, assoiffée après une longue chevauchée, descendent dans le lit d’une rivière à la recherche d’eau. Pas de chance, la rivière est à sec … Avec mansuétude, je vais quand même placer une petite mare dans le coin avant du décor.

L’Ebenuisier me fabrique un socle sur mesure d’une belle couleur acajou patiné, et c’est parti !.

Après avoir reconstitué un angle droit à l’arrière du décor fourni (il en faut du mastic !), je le fixe solidement dans le coin arrière (une vis et collage à l’Araldite). Il suffit de construire le reste : un peu de Milliput, quelques pierres rondes, du sable, une ou deux racines, des herbes sèches par-ci par-là. La peinture pour terminer, une succession de jus et de brossage à sec au feeling ! J’adore ce type de travail, au point que je n’ai même pas pris le temps de faire des photos de la construction !

Voici donc le décor terminé.

Les logements qui recevront les tenons de fixation de la pièce sont parfaitement dégagés.

Les parois à l’arrière sont faites en roche liquide Prince August, posée et texturée au couteau à peindre, puis peinte.

Et sur l’avant, la flaque d’eau est figurée par plusieurs couches de vernis brillant bien épais

 

Enfin, la peinture !

Je souhaite me démarquer du choix de couleur proposé par Diego Ruina pour l’illustration de la boîte. Je vais donc peindre un cheval bai brun, tandis que  le manteau du personnage sera couleur moutarde (j’ai vérifié au préalable la vraisemblance de cette couleur !)

La peinture ne pose aucune difficulté particulière. Juste deux points à signaler :

  • tenir compte en permanence de l’inclinaison de la pièce pour poser les ombres et les lumières ;
  • il y a beaucoup d’accessoires en cuir (les pantalons, la selle, les fontes …) ; utiliser plusieurs nuances pour ne pas sombrer dans la monotonie.

Voici ce que j’obtiens au bon d’un petit moment (« petit » … Enfin, assez long quand même !)

La mise en scène fonctionne bien à mon goût ... mais la pièce présente une grave lacune : c’est beaucoup trop propre ! Notre cow-boy doit forcément être crotté, couvert de poussière, particulièrement ses caches-pantalons en cuir et les pans de son manteau

Je vais patiner tout ça pour obtenir un aspect réaliste.

En gros plan, voici comment c’était avant ... et après :

 

 

Pour parvenir à ce résultat, plusieurs jus de peinture, clairs et sombres, superposés dans le frais ou dans le sec pour ajouter plein de nuances, des éclaboussures à la pointe du pinceau, encore des jus, des marques de griffure en trompe l’œil … Jusqu’à ce le résultat me paraisse suffisamment sale pour être présentable !

 

Et voici donc la pièce terminée. Sa réalisation s’est étalée sur 3 mois de septembre à novembre 2008. Si ça vous dit, bonne peinture !

 

 

 

Et comme d'habitude dans ces articles,
une zone est réservée à vos questions !

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Commentaires : 4
  • #1

    florent (lundi, 16 février 2009 22:31)

    JFP,une véritable petite merveille de peinture,de bonnes explications.encore bravo et chapeau bas l'artiste

  • #2

    OlivierH (mardi, 17 février 2009 01:42)

    Et comme d'habitude dans ces articles, on en prend plein les yeux !
    Plus sérieusement, les parties "claires" de la robe du canasson, elles sont obtenues par transparence de la sous couche claire, ou par rehaut sur une base sombre ? C'est une couleur magnifique !

  • #3

    jfp (mardi, 17 février 2009)

    Merci ; les parties claires (marron rouge)sont posées en premier, les parties sombres (brun noir) ensuite.Le fondu n'est pas trop poussé pour conserver une délimination assez nette des différentes zones se la robe.

    Toute la question est de savoir où mettre du clair et où mettre du sombre. L'observation de chevaux (vrais ou en photo !) apporte la réponse.

  • #4

    OlivierD (samedi, 08 octobre 2011 11:31)

    C'est absolument magnifique comme d'habitude. Juste une chose : il est armé d'une Winchester 1873.