Zen no itotoki

 

 

 

 

Une geisha portant une ombrelle sur un petit pont japonais. Ca vous rappelle quelque chose ?

 

 

C’est peut-être que vous l’aviez vu sur feu Créafigs, où le WIP (Work In Progress) de cette pièce avait été détaillé pendant de longues semaines.

 

 

Voici un résumé de la réalisation de cette pièce.

 

 

 

 

Le point de départ est une figurine de chez Durendal, Akitsuky, sculptée par Thomas Barse.

 

Une bien belle pièce que je recommande chaudement.

 

Pour ma part, je n'ai pu résister à l'idée d'une grosse transformation pour un changement radical de l'ambiance ....

 

 

J’ai commencé par une opération de chirurgie lourde : remplacer un bras ! 

 

Tout d’abord, je perce l’épaule. Dans le trou, je colle un morceau de trombone mis en forme et coupé à la bonne longueur. Puis, avec de la pâte FIMO blanche,  je modèle le bras autour de cette tige. Ce n’est pas très difficile : il suffit de se baser sur l’autre bras ! Ensuite, l’ensemble est mis à cuire au four. La pièce est en résine mais résiste très bien à la cuisson.

 

Un peu de ponçage, un jus de Milliput pour lisser la surface, et il reste à reproduire les décorations en relief présentes sur les autres parties du kimono. Pour cela, je roule une petite boulette de Milliput entre deux surfaces biens lisses. De la carte plastique un peu épaisse fait l’affaire ; bien talquer les surfaces pour éviter que ça colle !

 

J’obtiens ainsi de petits boudins que je les positionne sur la manche à la pointe d’un pinceau humide. Toujours à la pointe du pinceau, je mets un peu d’eau le long du boudin ; ça suffit pour le coller. Lorsque tout est sec, je passe un jus de Milliput bien liquide pour consolider le collage et le tour est joué. Voici le bras ainsi obtenu.

 

 

Après le bras, la main !  Je l’ai modelée en Magic Sculpt, autour du morceau de trombone qui sera plus tard la poignée de l’ombrelle.

 

 

Petit montage rapide pour évaluer le résultat final. La photo est moche, mais l'ensemble s'annonce pas mal. Il faut encore réussir à fabriquer l’ombrelle !

 

 

 

 

 

J’ai très rapidement trouvé sur Internet des photos d’ombrelles japonaises. Et j’ai tout aussi rapidement compris que ça n’allait pas être facile ! L’armature de ces ombrelles est très fine et leur revêtement est translucide.  

 

Avec du calque coloré et du fil de cuivre de 2/10 mm, et après plusieurs essais, j’ai obtenu une petite ombrelle d’environ 35 mm de diamètre. Bien qu’un peu simplifié (une vraie ombrelle compte deux fois plus de baleines) le résultat est réaliste.

 

 

Quelques décorations florales pour terminer. Les motifs peints sur le dessus apparaissent par transparence de dessous, ce qui correspond exactement à l’effet voulu.  

 

 

Enthousiasmé par ce résultat, je fabrique un éventail avec les mêmes ingrédients. C’est beaucoup plus facile même si c’est tout petit.

 

Enthousiasmé par ce résultat, je fabrique un éventail avec les mêmes ingrédients.

 

C’est beaucoup plus facile que l'ombrelle même si c’est tout petit.

 

La photo ci-contre correspond à un premier essai ; les fils ne sont pas peints. Pour un résultat propre, il est indispensable de les peindre avant collage !

 

Je range les deux petits objets bien à l’abri  jusqu’à leur montage final sur la pièce.

 

 

Retour sur le décor

Voici l’ébauche du décor. La tige qui dépasse au milieu du pont est destinée à la fixation du personnage.

 

Sur un socle ovale, deux bordures en pierre figureront le bassin. A la colle à bois diluée, je fixe un peu de sable grossier au fond. Après avoir placé un petit coffrage en carte plastique sur le pourtour du socle, je comble les parties latérales avec du mastic. La surface est texturée pour rappeler l’aspect de la mousse

 

Le petit pont est construit à partir de baguettes taillées dans de la carte plastique. Les surfaces sont dépolies au papier de verre pour obtenir l’aspect du bois. 

 

L’eau est reproduite en résine. sur la résine. Avant de couler la résine qui figurera l’eau (Voir ici un petit article sur le sujet), j’ai ajouté un poisson rouge, une carpe Khoï bien sur ! Et à la surface, quelques nénuphars découpés dans du papier.

 

 

Enfin, la végétation est à base de roseaux et de bambous, construits pour la circonstance. C'est expliqué ici.

 

 Voici ce que ça donne une fois terminé ; il ne manque que le personnage !

 

 

 

 

La peinture

La peinture est toute simple. Pour la robe, j’ai choisi un vert foncé évocateur d’une lourde soie. Les arabesques seront en violet.

 

Deux fines couches de peinture vert foncé Humbrol bien diluée et je sors les tubes de peinture à l’huile. Voici les références des couleurs utilisées, mais bien entendu, tout est affaire de proportions ! Le réglage des couleurs est une vraie cuisine. Voici quelques trucs du cuistot :

  • Pour composer le vert, je commence par l’ombre, que j’éclaircis progressivement. Sur la palette, j’obtiens ainsi 7 ou 8 nuances différentes allant du vert « presque noir » au vert « presque blanc » (en tout cas jaune pâle).

  • Je rajoute à mes mélanges différentes nuances de marron (ocre jaune pour les lumières, TON pour la base, TOB pour les ombres), ceci afin de dessaturer la couleur et la rendre moins « criarde

  • Enfin, vous voyez dans le tableau que dans le vert, il y a une pointe de violet, et que dans le violet, il y a une pointe de vert. Ceci pour une meilleure harmonie de l’ensemble.

     

     

 

 

Ombre

Base

Lumière

Vert

Cobalt turquoise WN +

Vert anglais n° 2 LB +

Bleu indigo R +

Noir d’ivoire R +

Une pointe de violet de Bayeux

 

Et une bonne pointe de TOB pour dessaturer

Ombre (sans la TOB) +

Cobalt turquoise WN +

Jaune d’aurore WN +

Jaune de cadmium foncé WN +

Ocre d’or LB

 

Et une bonne pointe de TON pour dessaturer

Base +

Jaune d’aurore WN +

Blanc de titane S

 

Et une petite pointe d’ocre jaune WN pour dessaturer

 

 

 

Violet

Base +

Bleu Indigo R +

Noir d’ivoire R

Violet de Bayeux LB

Rouge grenat LB +

Une pointe de la base de la robe

 

Base

Rouge grenat LB

Blanc de titane S

Légende : WN : Winsor et Newton – LB : Lefranc et Bourgeois – S : Sennelier – R : Rembrandt

 

Bien entendu je commence par le vert. Ma technique n’a plus de secret pour vous : plusieurs glacis très fins, avec séchage au four intermédiaire pour donner un aspect mat à la peinture.

 

Ensuite les arabesques violettes. Après un détourage soigneux dans une couleur sombre (en fait l’ombre du vert de la robe additionnée de violet) pour leur donner du relief, les peindre dans leur couleur en plaçant les ombres et les lumières tout en ménageant un petit liseré sombre à la base. C’est assez long. Pinceau 3/0 en bon état indispensable ! Pour ne pas empâter la gravure, je dilue un peu la peinture sur la palette avec une pointe de White Spirit.

 

 

La coiffe est obtenue par un mélange de poudre métallique dorée et de peinture. Les pendants sont en cuir violet.

 

Et pour le visage, la base est un blanc rosé, légèrement ombrée au bleu violet (toujours ce violet, pour l’harmonie de l’ensemble). Les lumières sont portées au blanc pur.

 

Pour terminer le maquillage : une pointe de rouge à lèvres écarlate et un peu de fard à paupières violet souligné par un trait vermillon. Les iris sont marron très foncé (on les voit peu). 

 

 

 

 

Dernière ligne droite !

 

Le montage de la figurine consiste simplement à enficher l’ombrelle dans son manche (le morceau de trombone autour duquel la main a été modelée), puis à coller la main portant l'éventail.

 

Ensuite, je mets en place les bambous de l'arrière plan, en les disposant soigneusement pour qu'ils ne frottent pas sur le personnage.

 

 

Et c’est fini !  Non : les papillons peints su l’ombrelle me donnent une dernière idée : pourquoi ne pas en rajouter un ?

 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le corps de la bestiole est un petit boudin de Magic Sculpt, les ailes sont découpées dans du papier et collés sur le corps. Enfin, un cheveu collé sous le corps de l’insecte et sur une feuille de roseau assure sa sustentation de la manière la plus discrète possible.

 

Et le papillon vole ! (la photo n'est pas truquée)

 

 

Enfin, Cyril A. (que certains reconnaîtront et que je remercie sincèrement) apporte sa contribution en traduisant le titre de la pièce en japonais : « zen no itotoki », ce qui signifie « un instant de sérénité », titre qui correspond bien au ressenti du spectateur devant la pièce.

 

Ce titre figurera uniquement en caractères japonais sur une petite étiquette verticale collée sur le socle.

Et voilà !

 

 

J'espère que ce petit article va a plu. Vous devinez que j'ai pris énormément de plaisir à réaliser cette pièce, pour laquelle l'utilisation du papier a été primordiale. D'ailleurs, l'art de l'origami n'est-il pas originaire du Japon ?

 

Enfin, merci à mon épouse d'avoir accepté que cette compagne asiatique ait monopolisé une bonne partie de mes pensées pendant tout le temps de sa création.

 

 

 

Commentaires : 5
  • #5

    JFP (mercredi, 11 novembre 2015 18:33)

    Bonsoir Laurent,

    La base est une figurine de chez Durendal, disponible chez Cinécréatif. Voici le lien vers leur site : http://www.cinecreatif.com/akitsuki-df001.html

    Mais attention, ici c'est une assez grosse transfo !

  • #4

    laurent (mercredi, 11 novembre 2015 17:22)

    Bonsoir,
    Superbe figurine j'adore
    Ou peut on se procurée la figurine
    J'habite en Belgique

  • #3

    Juicers Reviews (lundi, 22 avril 2013 10:12)

    I shared this on Twitter! My pals will really like it!

  • #2

    Jean-Pierre (dimanche, 08 avril 2012 15:48)

    je découvre votre site et il est dans mes favoris,je suis plutôt plat d'étain 30mmm.C'est magnifique et cette pièce est une oeuvre,félicitation.Une question pourquoi ne faite vous pasla couleur verte vous même.

  • #1

    Virginie (mardi, 29 décembre 2009 11:01)

    Hello ,je me rappelle trés bien de cette figurine sur Créafigs.
    Et notamment le challenge consistant à faire l'ombrelle :)

    Du trés beau travail comme j'aime !Bravo ^^