Cervantes

Le MCK a participé à l'édition 2019 du Mundialito de la figurine, organisé du 15 au 17 mars à Madrid par nos amis du club Alabarda, dans le cadre du concours de maquettisme statique de Legantès.

 

Le lien qui précède vous donne les informations sur le principe du Mundialito. C'est un concours par équipe, 4 pièces imposées et une création. Et, pour préserver le secret, il est interdit de publier des photos des pièces avant la tenue du concours  D'où la mise en ligne tardive de cet article.

 

J'ai eu le plaisir de faire partie de l'équipe du MCK, constituée de Serge, Jean-Pierre, Guy, Bertrand, Adrien, Céline, Gwen, Michel, et Sébastien. Cette activité collective nous a servi de fil rouge tout au long de la saison 2018-2019.

 

Voici la pièce imposée dont j'ai été chargé. Il s'agit de Miguel de Cervantes, représenté à la bataille de Lépante en 1571. La figurine est une création spéciale de Antonio Zappatero. Echelle 75 mm et moulée en résine. Elle est directement inspirée du tableau ci-contre de Ferrer Dalmau.

Quelques mots d'histoire pour présenter le contexte.

Nous sommes en 1571. Venise et l'empire ottoman sont en guerre, pour la quatrième fois. Le 7 octobre, la puissante marine ottomane affronte une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte-Ligue à l'initiative du pape Pie V. La bataille se solde par la défaite des Turcs qui y perdent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 20 000 hommes. 

 

L'événement eut un retentissement considérable en Europe : il sonna comme un coup d'arrêt porté à l'expansionnisme ottoman. Certains historiens estiment qu'il s'agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d'Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaines. 

 

Et Cervantes, dans toute cette affaire ? Et bien, avant de prendre la plume, le plus célèbre écrivain espagnol a été soldat. Né en 1547, Cervantes mène d'abord une vie aventureuse sous les armes. Embarqué sur l'une des galères de la flotte chrétienne (la Marquesa), il participe à la bataille de Lépante en 1571. Il y reçoit 2 coups d'arquebuse et en perd l'usage de la main gauche suite à un coup d'arquebuse. Cette main paralysée lui vaudra le surnom de « Manchot de Lépante ». Le 26 septembre 1575, à son retour vers l'Espagne, il est capturé par les barbaresques et reste captif à Alger. En 1580, il est racheté en même temps que d'autres prisonniers espagnols et regagne son pays. Il commence alors sa longue carrière d'écrivain jusqu'à sa mort à Madrid en 1616, à l'âge de 68 ans.

 

 

 

 

 

Une bonne source de documentation  sur la bataille de Lépante avec cette BD publiée aux éditions Glénat dans la collection consacrée aux grandes batailles navales par le musée national de la marine belge. Avec de belles illustrations de Jean-Yves Delitte, expert du genre puisque peintre officiel de la marine.

Il s'agit donc de représenter Cervantes à la bataille de Lépante, dans le format imposé par le règlement du Mundialito : un seul personnage, décor libre mais devant tenir sur une base d'une dimension maximale de 8 x 8 cm (on a le droit de déborder un peu de cette base).

 

L'examen des perspectives du tableau montre qu'il serait difficile de le reproduire correctement en 3 dimensions. En outre plusieurs personnages y figurent. Dommage, cela aurait été amusant, avec en prime la peinture d'un décor de fond.

 

Pour mettre Cervantes en scène, le pont de sa galère s'impose cependant. Commence alors une recherche sur les galères du 16ème siècle. Merci aux maquettistes spécialisés dans la marine ancienne, leurs sites fournissent profusion d'informations fiables. Impossible toutefois de trouver de plan reproduction de la Marquesa, j'ai donc interprété quelque peu ce que j'ai pu trouver.

 

Ne pouvant bien évidemment que représenter qu'une toute petite partie de la galère, je choisis celle-ci, située vers l'arrière du bâtiment. Il s'agit de la maquette de la Fleur de Lys, une galère française du 17ème, réalisée par Bruno Rimlinger, les photos proviennent de son site.

 

Ce n'est donc pas une galère vénitienne comme la Marquesa et il y a plusieurs décennies d'écart. Mais la partie qui m'intéresse présente de grandes similitudes avec la couverture de la BD précédente. En me basant sur cette source, je ne devrais donc pas commettre d'impairs trop flagrants.

 

 

Premier travail avec quelques schémas. L'architecture de la galère est particulièrement complexe, avec ses encorbellements qui reçoivent les rames.

 

La photo de gauche représente cet encorbellement vu de profil.

 

Celle de droite est une vue de dessus. Les deux carrés paraissent curieux à ce stade, l'explication va venir plus bas ...

Quelques morceaux de bois et de carte plastique plus tard, l'affaire commence à prend forme. Mais c'est effectivement assez compliqué à construire ...

Encore un peu plus tard, le pont est en place.

 

 

 

 

 

Quelques recherches et un peu de bricolage, deux pierriers viendront garnir l'ensemble.

 

Réalisés avec les moyens du bord, la peinture fera le reste. Que les puristes me pardonnent !

Après tout ce travail, c'est un b ... innommable sur le plan de travail. Il est temps de faire un peu de rangement !

 

Il reste cependant une dernière opération à réaliser : séparer ce décor en deux parties :

  • l'une d'entre-elles recevra Cervantes,
  • et la seconde un autre personnage de la même veine, Don Alvaro de Bazan, également édité par le club Alabarda.

 

J'aurais aimé associé les deux mais le règlement du concours est formel : un seul personnage. Donc deux pièces différentes mais qui pourront se raccorder, le décor ayant été construit d'un seul bloc.

 

Voici donc les deux personnages mis provisoirement en situation. Les opérations de peinture vont pouvoir commencer.

Le premier décor en cours de peinture pris sous différents angles. Le pierrier est en place. Tout est creux puisque nous sommes à l'arrière de l'encorbellement, suspendus au dessus de la mer.

 

 

Pour la décoration de la figurine, j'ai choisi de coller à la tenue représentée sur le tableau de référence. Pas très original mais peut-être plus évocateur.

 

Nous en sommes à la fin de la bataille. Je place un peu de sang sur la lame de l'épée et surtout je simule à la peinture la fameuse blessure à la main gauche. Je n'y suis pas allé de main morte mais comme c'était une très grave blessure ...

 

 

Et en bonus, l'amiral de Bazan, lui aussi en cours de peinture.

 

Vient le moment de procéder à l'assemblage. J'ajoute plusieurs cordages réalisés en fil de cuivre torsadé pour renforcer l'atmosphère maritime du décor.

 

 

 

Et c'est presque terminé. Nous sommes en août 2018. Cervantès est presque prêt pour prendre l'avion pour Madrid ...

 

 

Mars 2019

 

Le Mundialito est derrière nous, un excellent week-end avec nos amis espagnols. Notre reportage est sur le site du club, ici.

 

Et les participants peuvent enfin dévoiler leurs pièces : c'est .

 

Un très bon résultat pour l'équipe du MCK, avec une 4ème place au classement général et le display le plus homogène du concours. Un grand bravo à toute l'équipe et rendez-vous dans 2 ans pour la prochaine édition du Mundialito !

Commentaires: 3
  • #3

    Ramucho Diaz (vendredi, 12 avril 2019 12:21)

    Deux très belles réalisations avec une préférence pour le Cervantes.

  • #2

    Duck (mercredi, 27 mars 2019 12:19)

    Bonjour Jean-François, tout simplement bien assorti, avec un travail de bricolage superbement pensé....

  • #1

    Goasduff (samedi, 23 mars 2019 10:28)

    Très belle pièce et beau travail détaillé