Magister Militum

31 juillet 2011 : en cours de préparation ...

18 février 2012 ... Reprise! Et quelques bribes d'histoire pour commencer cette page

Le magister militum (« maître des soldats ») est un officier général de l'armée romaine durant l'Antiquité tardive. Son nom est souvent traduit en « maître de la milice ».

 

Le commandement des armées romaines était remis aux magistri militum. La création de cette fonction remonterait à l'époque de l'empereur Constantin lorsqu'il réorganisa les armées (312-325), concrétisant ainsi la séparation des pouvoirs militaires et civils. 

 

Par la suite, avec la perte de pouvoir de l'empereur, le magister militum devint le principal représentant de ce pouvoir. Ainsi, l’empereur d’Orient Théodose II chargea officiellement le magister militum Castinus de gouverner en son nom l’Occident romain après la mort de Honorius en 423.

 

La figurine présentée ici est datée du 4ème ou 5ème siècle. Il pourrait donc s'agir d'Aétius (en latin Flavius Aetius), né vers 395 et mort en 454. Il fut sénateur romain et généralissime de l'armée de l'Empire d'Occident sous le règne de Valentinien III (425-455).

 

Doté en 443 du titre de Patrice et "Maître des deux milices", il est, avec la régente Galla Placidia, mère de Valentinien III, le principal dirigeant de l'Empire d'Occident des années 430 à sa mort en 454, assassiné par Valentinien ;

 

On dit de lui qu'il a été « le dernier des Romains » en raison de sa lutte contre les barbares présents dans l'Empire au 5ème, notamment contre Attila. Et aussi parce qu'après lui, l'Empire d'Occident est gouverné par Ricimer, Wisigoth d'origine, et par Gondebaud, un Burgonde

 

 

La figurine est proposée par Soldiers sous la référence SR-58. Sculptée par A Laruccia, elle va de pair avec le cavalier Hun (réf. SR 57), lui-même qualifié de "garde du corps d'Aetius". Les Huns furent en effet les alliés de Rome pendant la lutte contre les Burgondes vers 440, avant de devenir leurs ennemis avec l'invasion de la Gaule par Attila en 451. 

 

Voici en tout cas les 2 compères, encore tout gris, réunis pour la photo souvenir. 

 

 

Et quelques vues plus rapprochées de Aetius. Le monatge de la pièce n'a posé aucune difficulté. L'équipement est très simple, si ce n'est le superbe casque ouvragé et orné de pierreries qui coiffe le personnage.

 

 

 

 

Mise en couleurs ...

 

La figurine est peinte en deux parties ; les deux éléments seront assemblés lorsque la décoration sera presque terminée.

 

Début avec la cuirasse qui sera en cuir naturel sombre. Les braies sont ébauchées en rouge orangé ... qui changera par la suite !

 

Dans le même temps, la cape reçoit une couche de rouge sombre. La tige métallique qui servira à l'assemblage est bien pratique pour manipuler la pièce.

 

Pour faciliter les choses, le visage a été peint avant le montage du nasal (la pièce métallique qui protège le nez). J'avais soigné les yeux ... mais on n'en voit plus grand chose.

 

Le casque est travaillé à l'encre d'imprimerie dorée mélangée à de la peinture et du liquin. Et les pierreries sont mises en couleur en commençant à représenter des reflets en trompe-l'oeil.

 

Retour sur la cuirasse. La texture du cuir est représentée par différents glacis localisés. Les arêtes des ptéruges sont soigneusement éclairées. La partie arrière, qui sera totalement masquée par la cape, est laissée en l'état.

 

Les manches et le bas de la tunique sont peints en blanc cassé (Noir de Bougie - TON - Blanc de titane).

 

Et la ceinture et le fourreau du glaive seront en cuir rouge. Ce qui ne colle pas trop avec les braies, dont la tonalité est trop proche ... On verra ça plus tard !

 

 

Les deux parties sont assemblées (collage à l'araldide). Les opérations de peinture peuvent alors se poursuivre.

 

Quelques jus de couleur viennent nuancer la cuirasse. Les différentes pièces de cuir rouge se précisent peu à peu.

 

La cape, qui s'obstinait à rester brillante, reçoit une couche de vernis mat (remède radical !) puis est entièrement reprise avec un léger glacis rouge qui va permettre d'améliorer les fondus. Lorsque c'est bien sec, un liseré gris est tracé sur tout le pourtour.

 

Un petit motif tracé à main levée vient garnir l'extrémité des manches de la tunique.

 

Et les braies changent de couleur, pour devenir grises, ce qui tranche davantage avec le reste sans rompre l'harmonie et la sobriété de l'ensemble.

 

 

Vue de détail

 

 

Les pierreries du casque, même si elles sont de petite taille à cette échelle, nécessitent un peu de travail pour simuler correctement les reflets.

 

Schématiquement, le procédé que j'utilise est le suivant (détail très agrandi ci- contre):

  • une couche sombre sur toute la surface de la pierre,
  • puis une "virgule" plus claire sur la partie basse
  • et un point de lumière en blanc pur sur la partie haute
  • enfin une couche de vernis sur l'ensemble

 

 

Remis à une échelle plus raisonnable, l'illusion de la transparence est assez bien rendue.

 

 

Il ne reste qu'à placer le personnage sur son socle et à poser la canne.

 

Encore quelques petites retouches de peinture par-ci, par-là et notre magister militum pose fièrement pour la postérité.

 

 

Et pour conclure cette page, revoici les deux compères côte à côte. Avouons que le garde du corps est plus imposant que celui qu'il garde ! Mais n'est ce pas souvent le cas ?

 

 

 

 

 

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Commentaires : 5
  • #1

    Terenc (lundi, 16 juillet 2012 16:09)

    Good post bro

  • #2

    Duck (lundi, 29 décembre 2014 17:35)

    Bonjour Jean-François cette manière de réaliser cette figurine m'a beaucoup intéressé; je l'ai donc commandée et suis heureux de pouvoir suivre tes conseils pour la préparation et la mise en peinture. Pas trop difficile à assembler, je comblerai néanmoins le vide dorsal pour bien faire pénétrer l'axe de la tête.
    Cordialement.
    J.

  • #3

    Duck (jeudi, 01 janvier 2015 15:54)

    Bonjour Jean-François, au regard de cette figurine je me suis intéressé aux personnages et en particulier à leurs équipements, surtout, au casque. J' ai constaté que toutes les reproductions et les reconstitutions le montre sans cimier; as-tu des informations à ce sujet. Beau travail qui m'inspire mieux que celui présenté sur la boîte.
    Bonne année.
    J.

  • #4

    JFP (vendredi, 02 janvier 2015 09:35)

    Bonjour Joël

    Peux-tu me repasser ton adresse mail stp (celle que j'ai ne fonctionne pas ...)

    Ce magister militum est une pièce toute simple, qui vaut surtout par le cavalier hun qui l’accompagne et qui se prête à un exercice de peinture sympathique !

    Concernant le cimier, je pense que les deux options sont possibles.
    J’ai d’ailleurs une photo d’un casque très similaire (avec incrustation de pierreries …) sans le cimier (cf.réf. ci-dessous)
    Autre caractéristique de cette période du bas empire, de grands placards décoratifs sur les vêtements, mais cette pièce s’y prête malheureusement assez peu ...

    Une bonne référence documentaire aux éditions errance :
    http://www.actes-sud.fr/catalogue/antiquite/legionnaires-auxiliaires-et-federes-sous-le-bas-empire-romain

    Bonne peinture, et bloavez mad 2015 !
    JF

  • #5

    Duck (samedi, 03 janvier 2015 16:39)

    Merci bien Jean-François pour tes informations; je possède ces ouvrages de reconstitutions que je consulte souvent, ainsi que le "net" à la recherche de documentations intéressantes.
    Bonne année à toi aussi.
    J.
    P.S. je te transmets mon adresse par mp sur le forum.