Philippe II de Macédoine

Né en 383 avant JC à Thèbes, où il grandit en tant qu'otage macédonien, Philippe II rentre en Macédoine en 365 et prend le pouvoir en 359, alors qu'il n'a que 23 ans.

 

S'inspirant de ce qu'il a vu à Thèbes, il développe l'armée macédonienne, basée sur une solide infanterie, avec la célèbre phalange, composée d'hommes équipés d'une armure légère et armées d'une longue pique, la sarisse. Très bien entrainée et disciplinée, cette armée sera pour Philippe un outil de conquête.

 

Son règne se caractérise par l'extension de la Macédoine dans toutes les directions, jusqu'à forcer le respect des grandes cités de la Grèce centrale. Démosthène le présente néanmoins comme un ivrogne, mais sans doute pour le discréditer auprès des athéniens. 

 

Homme d'armes couvert de blessures, Philippe II perd l'usage d'un bras et d'une jambe, puis d'un oeil ... Il n'en était pas moins polygame : on lui compte sept épouses, dont Olympias, la mère de celui qui allait lui succéder.

 

Il mourut assassiné en 336, alors qu'il préparait une nouvelle expédition contre la Perse. Les raisons de ce meurtre restent assez obscures ; son épouse Olympias pourrait ne pas y être étrangère. Toujours est-il que leur fils lui succède : il s'agit d'Alexandre III, dit Alexandre le Grand.

 

Philippe II est enterré à Aïgaï (de nos jours, Vergina). Son tombeau était intact lors de sa découverte. Les os du rois étaient placés dans une urne funéraire (larnax) en or et le tombeau contenait également de nombreux objets : un bouclier ouvragé, sa cuirasse de fer décorée d'or, des cnémides en bronze, son casque, son épée, des bijoux ... Quelques images :

 

 

Voici qui nous ramène à notre figurine, puisque l'équipement du personnage est directement inspiré des objets retrouvés dans le tombeau de Philippe II. 

Préparation et montage

La gravure est d'une finesse exceptionnelle (mais, avec A. Laruccia, l'exception est la règle !). La préparation des éléments nécessite d'être précautionneuse : il ne s'agit pas d'abîmer les détails en polissant les pièces ou en éliminant le joint de coulée qui reste d'ailleurs discret.

 

Seule petite réserve : on pourrait préférer que le bouclier soit plus visible lorsqu'on regarde la figurine de face ; il est si beau que ce serait dommage de le manquer ! Une légère réorientation du bras gauche permet d'améliorer la chose. Ce bras est collé en place sans attendre, alors que le droit sera fixé plus tard pour faciliter la décoration du casque et du flanc de la cuirasse.

 

Quelques vues d'ensemble de la pièce montée à blanc et apprêtée comme de coutume au gris mat Humbrol n°28. Inutile de préciser que la peinture doit rester très fine pour ne masquer aucun détail. 

 

 

 

Détails du bouclier ... Superbe !

 

 

Et le visage.

Non, non, il n'y a pas de défaut de gravure : Philippe II s'était fait éborgner ; le crâne retrouvé dans son tombeau porte d'ailleurs la marque du coup reçu.

Mise en couleurs

 

 

Premières touches à la peinture Humbrol. Le schéma final sera proche de celui proposé par l'illustration de la boîte, dans une harmonie de gris et de violet.

Quelque temps plus tard ... la peinture est déjà très avancée et la pièce a été assemblée.

 

Les plaques métalliques de l'armure sont particulièrement plaisantes à contraster. La principale difficulté est de ne pas empâter la gravure des parties dorées, très finement ouvragées.

 

 

Le bouclier est travaillé en parallèle. La face interne est laissée en bronze tandis que la partie extérieure est traitée en violet et en or.

 

Sur les parties gravées, le travail du peintre se limite à mettre en valeur la sculpture sans en dégrader la finesse. La forme bombée de l'objet donne cependant l'occasion de bien s'amuser sur sa mise en lumière, avec des contrastes assez soutenus.

 

J'ai fait l'impasse sur les incrustations d'ivoire dans les parties dorées. A regret après une tentative, mais à cette échelle, ces détails minuscules ne donnent rien, sinon qu'ils perturbent la vision de la sculpture ... 

 

A ce stade, il reste encore beaucoup de travail à faire sur les dorures ...

Pour le montage de l'ensemble, le bouclier doit être mis en place en premier car un piton métallique le fixe solidement dans le socle, et la main gauche vient le coiffer. 

Le décor (sur un socle carré de 40 mm en olivier) se résume à un sol recouvert de brindilles, avec quelques petites pierres. L'ensemble sera peint dans des tonalités de marron et d'ocre.

 

En fin de montage, il reste à ajouter les 2 petits cordons qui servent à fermer le casque ; ils ne sont pas fournis dans la boîte, mais un morceau de fil de cuivre fait parfaitement l'affaire. 

Quelques détails et les couleurs utilisées

 

 

 

Les dorures

La gravure est fine : main légère indispensable !

 

J'ai utilisé de l'encre d'imprimerie dorée, qui se présente sous la forme d'un produit très pâteux. Je la dilue à l'huile d'oeillette, qui sert aussi de liant au séchage, pour obtenir un mélange bien liquide, presque un jus, que je passe à plusieurs reprises.

 

Les ombres sont obtenues en ajoutant de la peinture dans le mélange précédent :

  • Noir d'ivoire
  • Terre d'ombre brûlée
  • un peu de violet de Bayeux.

 

Les parties en creux sont mises en valeur par des jus de peinture pure.

 

A l'inverse, les éclats de lumière sont placés avec un mélange plus épais d'encre pure et d'huile d'oeillette. 

 

Le temps de séchage de l'huile d'oeillette est assez long. L'encre d'imprimerie n'apprécie pas le passage du four, elle en ressort toute ternie. Patience donc ...  

Le violet de la cuirasse

  • Noir d'ivoire
  • Brun Van Dyck
  • Bleu indigo
  • Violet d'égypte
  • Violet de Bayeux
  • Rouge de cadmium foncé
  • Blanc de titane

Le gris du cuir des ptéruges

  • Noir de bougie
  • Une pointe de TOB
  • Gris de payne
  • Blanc de titane
  • Une pointe de violet de Bayeux

Le blanc de la tunique

  • Noir d'ivoire
  • Brun Van Dyck
  • Une pointe d'ocre jaune
  • Blanc de titane

La couleur de la peau

  • Noir d'ivoire (dans les ombres)
  • Violet de Bayeux  (dans les ombres)
  • Terre d'ombre brûlée
  • Terre de Sienne brûlée
  • Ocre d'or
  • Une pointe de jaune de cadmium foncé (dans les lumières)
  • Une pointe d'écarlate de cadmium
  • Blanc de titane 

 

Et c'est donc terminé !

Avec cette figurine, Art Girona et A Laruccia signent encore une superbe pièce, qui poursuit avec bonheur la série, déjà très fournie, consacrée aux personnages célèbres de l'Antiquité.

 

Pendant que Philippe II gagne la vitrine où il rejoint son fils Alexandre et plusieurs camarades, je me demande quelle sera la prochaine ... Mais j'en ai encore quelques-unes en réserve !

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Commentaires : 4
  • #1

    mund.p (jeudi, 26 juillet 2012 00:13)

    magnifique piece encore
    le bouclier est a tomber
    encore bravo et merci pour les yeux

  • #2

    DUCONSEIL (samedi, 11 août 2012 17:08)

    Belle pièce, encore une!
    une question : on ne trouve + le violet de bayeux (LB) que peut on prendre à la place,ou quel violet s'en approche le + Merci de votre réponse.
    Et encore bravo cordialement

  • #3

    eric (samedi, 11 août 2012 22:15)

    superbe travail belle peinture piéce magnifique chapeau maître ! moi de même je voudrais savoir quel couleur remplace le violetde bayeux ? merci d'avance

  • #4

    Duck (dimanche, 09 octobre 2016 11:50)

    Bonjour Jean-François, je réactive ce sujet en t'informant que j'ai réalisé ce roi borgne de Macédoine. Je me suis inspiré de ta manière de faire qui est remarquable et exemplaire et qui m'a beaucoup aidé, merci!