Scipion l'africain

Publius Cornelius Scipio est né en -236 et mort en -183 avant JC. Il est resté célèbre dans l'histoire de l'antiquité romaine sous son surnom de "Scipion l'africain". Mais était-il africain ? 

 

Non, bien entendu ! Scipion est né à Rome. Très jeune, il prend part à la deuxième guerre punique, et participe à la bataille de Cannes en -216. Cuisante défaite de Rome contre Carthage et le célèbre Hannibal Barca.

 

Nommé pronsul (gouverneur) d'Espagne en -205, il rassemble les armées romaines défaites et entreprend de reconquérir l'Espagne. Il rentre à Rome en -206, auréolé de gloire. Consul de Sicile, il la pacifie et part pour l'Afrique en -204, pour y porter la guerre contre Carthage, en forçant ainsi Hannibal à quitter l'Italie.

 

En Afrique, Scipion est rejoint par une troupe de Numides dirigés par Massinissa, roi de Numédie déchu de son trône.  C'est le début de la reconquête de l'Afrique du Nord, qui va durer environ 2 ans, jusqu'à la bataille de Zama en octobre -202. Bataille qui oppose les romains et leurs alliés numides aux carthaginois aidés de mercenaires venus de Gaule, d'Italie et d'Espagne. La bataille se termine par la victoire des romains. Carthage est obligée d'accepter les conditions imposées par Rome, et Scipion rentre à Rome, avec son fameux surnom de Africanus.

 

Il sera encore consul, puis prince du Sénat (princeps senatus) à trois reprises (la dernière en -189). Les dernières années de sa vie seront plus obscures ; accusé d'avoir détourné de l'argent, il se retire au sud de l'Italie, à Linterne en Campanie, où il meurt en -183.

 

Malgré cette triste fin, c'est bien à Scipion, et à sa victoire africaine sur Carthage que la république romaine doit d'avoir acquis la dimension d'une puissance méditeranéenne.

Et la figurine ?

 

 

Je dois dire que j'attendais cette pièce depuis un petit moment. Dans la série consacrée aux personnages célèbres de l'Antiquité proposée par Art Girona, Scipion, constituait en effet un "must" !

 

A l'heure où cette page est écrite, la figurine n'est d'ailleurs pas encore au catalogue officiel de Art Girona. Sa sortie est annoncée pour le printemps. Coup de chance, j'ai pu en obtenir un exemplaire de pré-série.

 

La pièce est signée Adriano Laruccia. La finesse de la gravure est extraordinaire ; on ne peut même plus dire exceptionnelle, puisque l'auteur est en la matière d'une régularité de métronome. 

 

La préparation ne pose aucune difficulté, la fonderie est de qualité et tout s'ajuste bien.

 

La pièce est assemblée en grande partie. La cape a été munie d'un piton de fixation au niveau de l'épaule. Elle sera ébauchée à part, ainsi que le casque, porté par le bras gauche. L'ajustement est impressionnant de précision !

 

Voici donc Scipion tout gris, prêt pour prendre des couleurs ... 

 

 

 

N'ayant pas pris de photos en cours de peinture, voici quelques morceaux choisis de la pièce terminée.

La cuirasse

La cuirasse musclée est métallique, en acier garni d'ornements dorés.

 

La couleur de l'acier est composée à partir d'encre d'imprimerie argentée, mélangée à du noir d'ivoire. Lorsque la première couche est sèche, j'intensifie les ombres avec des jus gris de Payne. J'éclaire modéremment  les reliefs les plus prononcés en revenant avec de l'encre diluée au liquin. Modéremment, pour conserver un aspect globalement sombre, favorisant la mise en valeur des parties dorées.

 

Celles-ci sont également composées à l'encre d'imprimerie (dorée) mélangée à de la TOB. Les lumières les plus fortes sont posées à l'encre pure mélangée à du liquin

La cape

 

 

 

 

La couleur est à base de rouge de cadmium foncé, de violet de bayeux et de noir d'ivoire.

 

Une première couche d'ébauche est posée avant la mis en place de la pièce sur le personnage. séchage au four puis montage. Le collage est effectué à l'Araldite.

 

En finition, l'ensemble de la surface est retravaillée en glacis. Les fonds des plis sont ombrés en noir violet, tandis que les éclaircies restent très modérées, pour conserver un ensemble sombre

Les chaussures

La palette des chaussures est une variation de celle de la cape, en ajoutant de la TOB.

 

Des jus sombres sont appliqués à plusieurs reprises pour bien marquer les arêtes en creux.

 

Enfin des lumières sont posées en rouge de cadmium pur. Pour que les chaussures restent discrètes, ces éclairages restent modérés.

Le fourreau du glaive

 

 

Autre variation de rouge, afin d'obtenir un cuir naturel  tirant sur la couleur rouille :

 

  • La base est composée de rouge de cadmium moyen et de TOB ;
  • Pour les ombres, on rajoute de la TOB et du noir de bougie ;  
  • Et pour les lumières, du jaune de cadmium foncé.

 

 

Les ptéruges

La couleur de base est du brun Van Dyck, avec une pointe de violet de Bayeux.

 

Lorsque c'est sec, un jus de noir violet permet de souligner les creux de la gravure.

 

Puis c'est un assez long travail de texture en trompe l'oeil pour rajouter des lumières, des égratignures, des traces d'usures ...

 

Pour la pose des lumières, de l'ocre jaune puis du blanc sont ajoutés au mélange de base. 

 

Les lanières de cuir sont garnies d'ornements dorés, travaillés à l'encre d'imprimerie en 3 phases :

  • un premier passage avec de l'encre mélangée à de la TOB ;
  • un jus de peinture pure (TOB + noir) pour ombrer les creux ;
  • et on revient avec de l'encre diluée au liquin pour éclairer les reliefs.

La peau

Le mélange habituel pour obtenir une peau bronzée :

  • une base de TOB + TSB à parts égales
  • d'une part, on ajoute de la TOB, puis du noir avec une pointe de violet de Bayeux, pour obtenir les ombres
  • d'autre part, on ajoute de la TSB, puis de l'ocre d'or, puis du blanc de titane avec une pointe de jaune de cadmuim pour obtenir les lumières

 

Une variation de 6 à 7 tons différents est ainsi préparée sur la palette

 

Et la pièce terminée sous tous les angles

En conclusion, une pièce très agréable et sans difficulté notable ; on peut donc la recommander aux débutants, qui y trouveront l'occasion de travailler les différentes "matières" classiques de l'Antiquité romaine : tissus, cuirs, métal, et carnation.

 

Les collectionneurs apprécieront de regrouper dans leur vitrine Scipion,  Massinissa et Hannibal, réunissant ainsi les trois principaux protagonistes de la guerre de Rome et de Carthage en Afrique.

Scipion l'Africain
Scipion l'Africain
Massinissa
Massinissa
Hannibal Barca
Hannibal Barca

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Commentaires : 3
  • #1

    Bono (lundi, 04 mars 2013 13:12)

    Une belle pièce que tu as traité de façon magistrale....comme toujours.
    C'est une pièce dont je ferai surement l'acquisition quand j'aurai fini mes projets en cours.
    Bravo pour ta réalisation.

  • #2

    Lounes (dimanche, 30 juin 2013 16:53)

    Masinissa était un numide, à savoir un berbère et non un nubien, il ressemblait plus à çà:

    http://www.toutelatunisie.com/doc.php?docid=175&artid=400

    http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/autreseceleb304.htm

    Et leur accoutrement était tout autre:

    http://www.ziani.eu/photos/oeuvre/histoire/16_hocine_ziani_peintre_artist_maler_image_peinture_Abdelkader_huile_toile_peinture_histoire_cavalier_numide.jpg

  • #3

    Duck (dimanche, 15 mars 2015 13:19)

    Bonjour Jean-François, c'est en m'inspirant de tes remarquables travaux que j'ai décidé de commencer cette pièce avec quelques variantes dans le choix des teintes.
    Cordialement.