Trompette des guides - Chasseurs 1798

 

 

C'est donc Bruno Leibovitz qui a sculpté ce beau cavalier et ses ateliers de Seillans dans le Var qui l'ont coulé.

 

C'est l'une de mes toutes premières figurines de chez Metal Modèles, et il faut bien dire que la réputation de la marque n'est pas surfaite : tout est parfait !

 

La préparation des pièces, le polissage, le montage ne posent pas de difficulté.

 

Enfin presque pas ! Le cheval est équipé d'une bride hongroise, parfaitement reproduite au prix de nombreuses petites pièces. Une bonne documentation est indispensable avant de commencer le montage, et une certaine dose de persévérance ne l'est pas moins pour le conduire à son terme.

 

Les spécialistes m'avaient recommandé de tout monter avant de commencer à peindre ... et je les ai écoutés ! Heureusement je pense, car installer ce harnachement après peinture doit être encore plus délicat.

 

Voici donc l'animal, prêt pour la peinture. 

 

 

 

 

 

Et un gros plan de la fameuse bride.

 

L'inconvénient de ce montage complet est la présence des rênes (réalisées en feuille de plomb), qu'il va falloir manier avec précaution pendant tout le processus de peinture.

 

 

 

 

S'agissant d'un trompette, le cheval sera gris, puisque c'est la règle !

 

Je compose un mélange de différents niveaux de gris (7 en tout), allant du "presque noir" au blanc pur :

  • noir d'ivoire, gris de payne et un peu de TOB pour la couleur la plus sombre,
  • couleur que j'éclaircit progressiement en ajoutant du blanc de titane, et une pointe d'orange de cadmium

 

Et je fais un premier dégrossissage des ombres et des lumières, avec des pinceaux bien chargés de peinture épaisse pour donner un léger relief imitant le pelage. J'oriente donc les mouvements de pinceaux dans le sens du poil. Je marque aussi des taches pour ne pas obtenir une robe uniforme

 

Voici le résultat de ce premier travail

 

 

Je poursuis le travail dans le frais en accentuant les irrégularités de la robe, je dessine quelques veines en trompe-l'oeil, je commence à fignoler la peinture de la tête.

 

Avant de laisser sécher, j'ébauche la schabraque en peau de mouton (terre d'ombre naturelle + blanc de titane) et son feston rouge.

 

Je nettoie soigneusement tout le harnachement, tout empâté de peinture (pinceau mouillé de WS) et je le peins en noir (noir d'ivoire et une pointe de violet)

 

C'est loin d'être terminé ... La suite, plus tard !

 

 

 

1er décembre 2010, voici donc la suite ...

 

... qui consiste à détailler la robe du cheval en renforçant les ombres et les lumières par des touches de pinceau portées dans le sens du poil.

 

La robe des chevaux gris est rarement uniforme, mais comporte souvent une multitude de petites taches claires ou sombres. Ce sont ces irrégularités du pelage ce que je tente de reproduire ici.

 

Un travail assez long (et même ... long !), effectué dans le frais et, bien sûr, à partir de photographies.

 

 

Ci-dessous le résultat final.

 

Au passage, j'ai presque terminé la peinture de la bride, des rênes, etc, avec un mélange de noir de bougie et de blanc de titane.

 

Et la schabraque en peau de mouton a reçu un nouveau lavis de TON, puis des éclairages en blanc cassé, posés "mèche par mèche".

 

Quelques vues de détail de la robe du cheval

 

 

 

Passons au cavalier.

 

Ici encore, aucune difficulté pour préparer les différentes pièces, la fonderie est parfaite.

 

Un piton est placé dans le fondement du personnage (Aïe !!). Il servira à le manipuler pendant la peinture, au bout d'un X-Actoi, puis à consolider sa fixation sur le cheval.

 

Comme à mon habitude, j'ai monté le plus possible avant de commencer à peindre.

 

Donc, tout sauf la trompette et son cordon. Je m'apercevrai plus tard que j'aurais peut-être mieux fait de laisser le bras gauche de côté, car il gêne l'accès aux galons blanc du gilet. Finalement tout se passera bien, ouf !

 

Et comme d'habitude aussi, 2 couches de Humbrol gris mat 28, puis des sous couches colorées dans un ton approchant la couleur finale. La sous couche verte aurait d'ailleurs pu être plus sombre ...

 

 

Place à la peinture à l'huile. Le problème est de bien reproduire les couleurs de l'uniforme : les spécialistes de l'Empire sont plus que pointilleux sur le sujet !

 

Voici le résultat du premier passage.

 

 

Je consulte quelques experts de ma connaissance (n'y connaissant pas grand chose moins même ! ) : le vert, ça va ; le rouge par contre est trop fade. Donc reprise des opérations.

 

Pour les mélanges, je ne possède pas les tubes "spécifiques" dont disposent souvent les spécialistes de cette période ; j'ai fait avec ce que j'ai dans ma boîte, ce qui m'a conduit à tatonner un peu avant de trouver les bons dosages. La composition ci-dessous est donc approximative  :

  • le rouge est à base de rouge de cadmium moyen, lumières à l'écarlate de cadmium puis jaune de cadmium foncé
  • le vert est un mélange de bleu indigo, vert anglais n°2, un peu de TON et du noir d'ivoire, dont j'augmente la proportion pour les ombres. 

 

La suite avec les galons, ganses et autres noeuds hongrois. Le tout ... en blanc ! Aïe, sur du rouge et du vert ...

 

 

 

 

J'ai commencé par repasser - très précautionneusement - une couche de blanc Humbrol pour retrouver ... du blanc ! (parce que directement à l'huile, bonjour les couches ...).

 

Puis je reprends avec un mélange de blanc de titane et de gris de Payne un peu étendu au WS.

 

C'est assez long, en particulier pour travailler les noeuds hongrois en ombres et lumières (et au passage, un grand coup de chapeau au sculpteur !)

 

 

 

 

Peinture du visage et des cheveux. La main gauche ne gêne pas l'accès du pinceau.

 

Mélange classique à base de TOB, TSB, ocre jaune et blanc de titane; Les yeux sont bleus.

 

Le visage n'est pas le point fort de cette figurine : il est peu expressif, et surtout il ne donne pas l'impression de souffler dans la trompette. Un peu dommage quand même ...

 

Et pour terminer, la mise en place de la trompette, à 2 mm de la bouche (puisque le personnage ne souffle pas !)

 

J'ai refait le cordon en fil de cuivre torsadé et j'ai creusé le pavillon de l'instrument, à l'origine presque plein et fort peu réaliste ; contrainte de moulage j'imagine.

 

Pour creuser, il suffit de percer avec des forets de plus en plus gros, en allant de moins en moins profonds. Puis on lisse le tout à l'X-Acto et on termine au papier abrasif.

 

La mise en place du cordon est un peu délicate, c'est quand même pas très très gros tout ça ! 

 

 

Dernière ligne droite : sur un beau socle de chez L'Ebenuisier, je réalise un décor très simple : une base de roche liquide de chez Prince August (pas mal ce produit), quelques petits cailloux, une petite branche.

 

J'ai placé le cheval dans la diagonale du socle, pour optimiser la vision du visage (sinon, on ne voit que le pavillon de la trompette !)

 

Encore un effort avec le montage des rênes qui se terminent tressées en cravache. Je fais bien attention de ne rien casser (et de ne pas les couper trop court, ce serait dommage à ce stade).

 

Et voilà, c'est terminé. J'espère ne pas m'en être trop mal tiré pour ma première pièce de cette époque si exigeante. Sinon, j'en appelle à la clémence des experts lors des prochaines expos !

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Commentaires : 2
  • #1

    mund p (vendredi, 10 décembre 2010 23:31)

    magnifique cavalier j adore
    la robe du cheval me plait enormement
    pas bete le forage du clairon c est vrai
    merci encore pour ce reportage on en redemande

  • #2

    Best Juicer (mardi, 30 avril 2013 11:09)

    This informative article was exactly what I had been in search of!