Yihétuan (Boxer - 1900)

Après Francis Drake, voici une autre pièce proposé depuis peu par Alexandros Models, avec ce boxer sculpté par Carles Vaquero. Une pièce qui sort des sentiers battus et qui m'a plu au premier regard.

La guerre des Boxers se déroula en Chine entre 1899 et 1901. Une révolte ourdie par une société secrète (Les poings de la justice et de la concorde) dont le symbole était un poing fermé, d'où le surnom de Boxers donné à ses membres en Occident.

 

Le mouvement, au départ opposé aux réformes, aux étrangers et à la dynastie Qing au pouvoir, fut utilisé par l'impératrice Cixi contre les seuls étrangers, conduisant au siège des légations étrangères présentes à Pékin.

 

C'est l'épisode des « 55 jours de Pékin », qui se termina par la victoire des huit nations alliées contre la Chine. Venant après la guerre perdue contre le Japon 1895, cette défaite est une nouvelle étape dans le combat qui oppose conservatisme et réformisme dans la Chine du XIXe siècle, et qui se terminera par la chute de la dynastie Qing en 1912.

 

 

Ouvrons la boîte pour une revue de détail

L'emballage est tout à fait correct sans être luxueux : une solide boîte en carton, équipée de deux pièces de mousse qui calent soigneusement les différentes éléments de la figurine.

Le chapeau chinois caractéristique, en paille tressée (il est ici en plomb !).

 

Belle gravure des détails et excellente fonderie.

Les jambes.

 

Bonne surprise : celle qui supportera le poids de la figurine est renforcée par une solide tige métallique de 1,5 mm, placée lors de la fonderie. Le genre de détail qui fait plaisir et qui rassure sur la tenue ultériure de la pièce.

Le buste et la tête sont moulés d'un seul tenant.

 

Une particularité : ce buste est creux. Alex m'a expliqué que ce procédé améliorait grandement la qualité du moulage (peut-être moins de retrait au refroidissement, la masse de plomb étant moins importante ?). L'assemblage de la pièce devra en tenir compte.

 

En tout cas l'ensemble est correct. Le visage présente les traits caractéristiques des asiatiques. La peinture des yeux bridés (donc largement masqués par les paupières) s'annonce comme un challenge intéressant).

La musculature de l'ensemble du personnage, et notamment des bras, est impressionnante. L'anatomie est parfaitement restituée, quelques veines sont reproduites en léger relief.

 

Ici la fonderie n'est pas mieux que moyenne : rien de grave, mais il faudra poncer et polir un peu ... sans nuire à la gravure !

Un sachet rassemble les petites pièces : les extrémités flottantes des bandelettes enroulées sur les avant-bras et les mollets, le nun cha ku passé dans la ceinture, un petit morceau de cable destiné à fabriquer la courroie du chapeau (une explication figure sur la notice).

 

Et les mains : les doigts sont particulièrement "expressifs" (si on peut dire), tout en présentant quelques imperfections de fonderie qui ne devraient pas poser de difficulté. 

Préparation des éléments

Première étape : préparer soigneusement chacune des pièces. Il s'agit de faire disparaître les traces du plan de joint de coulée, et de polir chaque élément.

 

Bien entendu, ce travail phase doit se dérouler avant de commencer l'assemblage des pièces, pour que toutes les surfaces soient accessibles. Et attention de ne pas y aller trop fort pour ne pas faire disparaître les détails de la gravure !

 

Commençons par le matériel nécessaire :

  • des cutters de type X-acto, avec 2 lames : une arrondie et une droite
  • des limes aiguilles : une ronde et une triangulaire
  • du papier à poncer de carrossier à grain fin (n° 400)
  • de la laine d'acier d'ébénisterie (000) pour le polissage final

Voici le résultat sur quelques éléments de la figurine : le buste et le visage, et les trois pièces constitutives de la veste, portée enroulée à la ceinture.

Le montage

Les assemblages doivent être solides, surtout si la figurine est destinée à voyager pour participer à des expositions ou des concours. De petits pitons métalliques pourront renforcer efficacement les collages, tout en améliorant la précision de la mise en place des pièces et en facilitant leur manipulation en cours de peinture, pour les pièces qui sont peintes séparément.

 

Le matériel utilisé :

  • de la colle Epoxy à deux composants à prise rapide (Araldite, Sader ...) ; le conditionnement en "seringues" est bien pratique pour le dosage ;
  • de la colle cyanoacrylate à prise instantanée (Super Glue 3) ;
  • pour les pitons de renfort : des trombones ou du fil métallique ;
  • et bien sûr des forêts de tailles diverses avec des mandrins.

 

 

Voici toutes les pièces préparées pour le montage. De gauche à droite :

  • le chapeau et sa courroie, réalisée comme indiqué dans la notice ;
  • les bras avec les mains ; celles-ci ont été munies de pitons, comme les parties libres des bandelettes qui garnissent les poignets et les mollets du personnage ;
  • la jambe droite, dont le piton est d'origine ;   
  • le nun cha ku, également pitonné ;
  • les trois pièces constitutives de la veste ;
  • la natte, elle aussi munie d'un piton.

 

 

Passons à l'assemblage proprement dit, en y allant dans l'ordre.

 

Tout d'abord les jambes, en 4 images :

  1. un premier collage à la cyano permet de solidariser les deux pièces ;
  2. puis, à l'aide d'un cure-dent en bois, je place quelques gouttes de colle Epoxy dans la cavité ;
  3. après séchage de la colle, je comble toute la cavité au Milliput ;
  4. et dans le Milliput frais j'imprime un trou à l'aide d'une aiguille ; ce trou servira tout à l'heure pour le "brochage" du buste sur les jambes.

 

 

Ensuite les bras. Comme le buste est creux, le procédé sera un peu particulier.

  1. les bras sont tout d'abord munis d'un piton (un morceau de trombone) ;
  2. collage du premier bras à la cyano ;
  3. vue de l'intérieur, le piton métallique est bien visible ;
  4. collage de second bras à la cyano ; comme pour les jambes, je coule de la colle Epoxy dans la cavité ;
  5. après séchage, remplissage de la cavité au Milliput ; 
  6. et dans le Milliput frais j'imprime le trou de passage du piton.

 

 

 

 

Passons maintenant au montage de la veste, portée enroulée autour de la ceinture.

 

La mise en place des trois pièces n'est pas évidente. Pour faciliter les choses, j'ai donc placé un piton entre deux d'entre-elles (voir ci-contre).

 

Pour le collage, de la cyano est suffisante, les surfaces de collage sont importantes et les assemblages seront renforcés plus tard au mastic. 

  1. la partie arrière ;
  2. puis la partie avant ;
  3. et la dernière pièce qui fait la jonction entre les deux premières ; le piton est bien visible.

 

 

Malgré tout le soin apporté, les assemblages précédents sont très imparfaits. 

   

Rien de grave. Un peu de mastic et quelques petits outils vont suffire à corriger ces inévitables défauts :

  1. du Milliput Yellow Grey (moins collant que le White) ; 
  2. de petites spatules métalliques ; 
  3. une aiguille emmanchée et des pinceaux gommes ;
  4. des pinceaux ordinaires pour fignoler les raccords : humidifier le pinceau et lisser.

 

 

Voici les principales retouches effectuées à ce stade

 

 

Lorsque le Milliput est bien sec, on peut passer à l'assemblage du buste sur les jambes.

 

Collage à la colle Epoxy, sans oublier de placer le piton métallique entre les deux parties. Des élastiques sont souvent une bonne solution pour maintenir les éléments pendant le séchage de la colle.

Après séchage, on enlève les élastiques et la pièce se révèle enfin. Petit moment d'auto-satisfaction : l'affaire commence à prendre tournure !

Nouvelle séance de masticage au niveau de la ceinture pour combler le vide entre la veste et le bas du buste.

 

Avant ...

Et après.

Le petit trou à l'avant est destiné au piton de fixation du nun cha ku ; celui à l'arrière au chapeau de paille.

 

On peut alors mettre en place les derniers petits éléments : les mains et les parties libres des bandelettes. Celles-ci avaient été soigneusement rangées et repérées selon leur emplacement : JT : jambe tendue - BP : bras plié, etc.

 

 

La natte et le chapeau, qui seront collés plus tard, sont mis en place pour la photo finish. Quant au nun cha ku, lui aussi collé plus tard, je l'ai oublié dans la boîte ...

Peinture de base

 

 

Tout d'abord, un bon nettoyage : brosse à dents, produit à vaisselle et eau chaude. Puis un coup de sèche-cheveux pour accéler le séchage.

Et c'est donc la couche de base : Humbrol gris mat n° 28 comme d'habitude, bien diluée au WS pour une peinture très fine. La première couche laisse transparaître des reflets métalliques.

Deux autres passages seront nécessaires pour obtenir un résultat bien opaque.

 

Cette base, nécessaire pour l'accroche de la peinture à l'huile, permet en outre :

  • de détecter les derniers petits défauts restés inaperçus,
  • et de bien visualiser les zones d'ombre et de lumière sur la pièce ; une série de photos à ce stade peut-être utile pour la suite.

Le décor et le socle

J'ai conservé la base fournie dans la boîte, qui représente un pavage irrégulier. J'ai découpé sa partie basse à la scie pour réduire son épaisseur.

 

Le socle est un carré de 50 mm d'une hauteur totale de 70 mm.

 

La surface supérieure est creusée grossièrement pour laisser de la place au tenon qui dépasse sous la base, puis ce trou est partiellement rebouché au Milliput, à l'empreinte du tenon.

 

Un trou de 3 mm est percé pour recevoir le piton de la figurine. Enfin, un insert est installé sous le socle en prévision des transports à venir.

La préparation est terminée. Il est temps de poser les premières couleurs. Encore faut-il les choisir !

 

A suivre donc ...

 

 

 

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Péré "mifig" (samedi, 23 mars 2013 23:07)

    Merci pour ce pas à pas de cette préparation très pédagogique et d'une qualité particulière. On sent la maîtrise et la méticulosité.
    Merci

  • #2

    Nanard (jeudi, 25 avril 2013 15:16)

    Merci Jean François, pour le montage, j'ai commencé a le monter mais je ne savais pas par quel bout commencer.

  • #3

    PHILIPPE (jeudi, 06 février 2014 08:21)

    Bonjour,

    Je suis attentivement le Yihétuan, a pour quand la peinture de la figurine je suis impatient de voir la suite j'espère au plus

    Eric

Janvier 2015


Presque deux ans que le boxer patientait dans la vitrine, imperturable, en attendant le pinceau ... 


Les petites bandes de tissu flottant aux poignets ont finalement été supprimées (elles n'apportent pas grand chose). Le socle initial a été remplacé par un socle rond du diamètre de la base.


Et le revoici en couleurs, enfin !!


Pas de pas à pas (!), mais quelques éléments sur les mélanges utilisés :

  • Le pantalon et veste sont d'un gris composé de noir d'ivoire, de TOB et de blanc de titane, avec une pointe de violet de Bayeux dans les ombres et une pointe d'ocre dans les lumières.
  • Le rouge des bandes est un mélange de noir (composée à partir de TSB et de bleu indigo), de rouge de cadmium  moyen puis clair pour les lumières.
  • Le gris du tricot "Marcel" est à base de blanc de titane, TOB et une pointe d'ocre jaune. Les bandes de tissu sont pintes avec le même mélange.


La natte se monte sans difficulté mais l'installation du chapeau est une petite galère. Le piton de fixation est réellement indispensable pour assurer la solidité de l'assemblage. 




Après assemblage et séchage complet de la peinture, il reste à nuancer légèrement l'ensemble par de fins lavis de peinture (violet de Bayeux et terre d'ombre brûlée). Quelques brillances résiduelles devront être éliminées au vernis mat.