Peindre un tartan

 

 

Un morceau de bravoure : le pas à pas de la peinture du tartan de ce highlander à la bataille de Culloden

Il s'agit de reproduire le tartan des Bruce, l’un des clans les plus anciens et les plus célèbres d’Ecosse. Ses origines remontent au douzième siècle : les Bruce sont des descendants de Robert de Bruis, compagnon de Guillaume le Conquérant. Robert the Bruce, considéré en Ecosse comme un héros national, est couronné roi d’Écosse, sous le nom de Robert Ier, en mars 1306. A l’issue de la guerre d’indépendance contre l’Angleterre, il obtient le traité de Northampton en 1328 (dont l’abolition en 1707 sera à l’origine de la bataille de Culloden) .  

 

Le tartan du clan des Bruce a évolué au cours de l’histoire. Celui qui est représenté ci-contre est daté de 1571 par Lord Bruce. Il est probable qu’un tel tartan ait été effectivement porté à Culloden, ce qui correspond à la pièce.

 

Le motif est constitué essentiellement de bandes vertes sur fond rouge, ainsi que d’un grand quadrillage composé de lignes alternativement jaunes et blanches. Bien qu’assez complexe, le dessin reste réalisable à l’échelle de cette figurine, moyennant une certaine minutie et une bonne dose de patience patience, bien entendu !

 

Alors, allons-y !

 

 

 

 

1 – Base de couleur rouge.

Les contrastes sont volontairement accentués, en préparation du dessin du tartan qui va beaucoup les atténuer. Trois glacis très fins ont été appliqués pour obtenir des ombres suffisamment profondes.

 

 

2 – Dessin du quadrillage principal.

Effectué en 2 passes avec séchage intermédiaire : la première pour les bandes horizontales, la seconde pour les bandes verticales.

 

Bien tenir compte des plis du tissus pour positionner le dessin – De ce premier tracé dépend la qualité finale ; la plus grande précision est donc indispensable.

 

 

 

3 – Finition du quadrillage principal

Egalement en 2 phases comme à l’étape 2. Les ombres et les lumières sont placées en harmonie avec celles du fond rouge.

 

 

 

 

4 – Tracé des intersections des bandes horizontales et verticales.

On utilise un vert plus soutenu que celui des bandes. Effectué en 1 seule phase. Les ombres et les lumières sont mises en place et on en profite pour reprendre si besoin ombres et lumières sur l’ensemble du motif.

 

 

 

 

5 – Tracé des lignes rouges horizontales dans les bandes vertes.

Dans la mesure du possible, on travaille directement en ombres et lumières – Les couleurs utilisées sont les mêmes que pour la couche rouge de fond- Cependant, 2 couches de peinture avec un séchage intermédiaire sont nécessaires pour obtenir des lignes de la couleur exacte du fond.

 

Le tracé des lignes nécessite un pinceau en parfait état. J’utilise pour ma part un 3/0 à poils longs (Raphaël série 8413). La peinture doit être légèrement diluée (WS) sur la palette à la pointe du pinceau. Pour retoucher un défaut (çà arrive très souvent !) , il suffit de le nettoyer immédiatement avec un pinceau propre imbibé de WS et de recommencer …

 

 

6 – Tracé des lignes rouges verticales dans les bandes vertes

Selon le même principe que les lignes horizontales – Toujours en 2 couches avec séchage intermédiaire – A la deuxième couche, on peaufine l’ensemble des ombres et des lumières pour que tous les éclairages soient bien en harmonie.

 

 

7 – Finition des lignes rouges

En introduisant du vert aux intersections avec les bandes vertes selon le motif

 

Tracé des lignes blanches

La teinte utilisée est un gris pour ne pas trop trancher avec l’ensemble du motif – De même, le jaune qui va suivre sera cassé à la terre d’ombre naturelle

 

Pour les lignes blanches et jaunes, il faut aller droit du premier coup : le nettoyage des défauts au WS fonctionne moins bien et laisse des traces blanchâtres assez difficile à faire disparaître complètement. Une première passe avec de la peinture très diluée (donc plus facile à nettoyer !) est utile

 

 

8 – Et voilà ! Le tartan est terminé.

 

Malgré les nombreux passages au four, la peinture n’est pas parfaitement homogène : le rouge a conservé un aspect légèrement plus satiné que le vert. Pour homogénéiser l’ensemble, deux couches de vernis mat ont donc été appliquées après quelques jours de séchage à l’air libre.

 

 

Et une vue panoramique de la pièce terminée

 

 

Un autre exemple de tartan en pas à pas est disponible ici

(cliquez le lien)