Un exemple d'éclairage zénithal

 

Dans son principe, l'éclairage zénithal consiste à représenter une lumière principale venant du haut : en quelque sorte, la lumière tombe sur la figurine.

 

Cette technique donne un résultat plus spectaculaire que l'éclairage traditionnel, qui consiste schématiquement à éclairer les parties en relief et à ombrer les parties en creux, sans tenir compte de l'orientation de la lumière.

 

Pour visualiser simplement l'éclairage zénithal, placez la figurine sous-couchée sous votre lampe de travail et regardez comment se positionnent les ombres et les lumières :

  • les surfaces orientés vers le haut sont fortement éclairées,
  • alors que celles qui sont orientées vers le bas restent dans l'ombre.

Simple, non ? Prendre une photo de la pièce éclairée dans ces conditions peut être utile pour se guider pendant les opérations de peinture.

 

Pour un rendu encore plus saisissant, l'intensité de la lumière doit diminuer progressivement du haut vers le bas. Logique, puisque le haut de la pièce est plus proche de la source lumineuse.

 

Cette page présente un exemple simple de mise en pratique de ce principe, sur une surface de grandes dimensions, particulièrement propice à l'exercice. Il s'agira d'une longue cape de couleur rouge.

Préparer la palette de peinture

Les couleurs nécessaires sont tout d'abord préparées sur une palette en papier pelable.

 

La photo suivante présente les différentes couleurs utilisées pour obtenir 5 mélanges de valeurs différentes (cliquez l'image pour l'agrandir):

  • 1  : mélange de base : rouge moyen + TOB + une pointe de vert pour casser le rouge
  • 2 : 1 + bleu + noir
  • 3 : 2 + noir + une pointe de violet (non représenté sur la palette) pour enrichir un peu le noir
  • 4 : 1 + écarlate
  • 5 : 4 + jaune

 

Et puis ... peindre !

La cape a été préalablement sous-couchée à la peinture Humbrol marron mat (n° 98), bien diluée au White-Spirit pour obtenir une consistance assez liquide. Trois passages, avec séchage intermédiaire, ont été nécessaires pour obtenir une surface homogène sur laquelle nous allons pouvoir travailler à l'huile.

 

L'objectif est de reproduire sur la figurine le contraste entre les 5 mélanges préparés sur la palette.

 

La première étape consiste à "diviser" la cape en trois tiers de hauteur équivalent. Quelques coups de pinceaux aident au repérage.

Etape suivante avec la peinture de la partie centrale.

 

Cette zone correspond à un éclairage moyen. On utilise donc le mélange n° 1 de la palette, qui correspond à la base. En dessous ce sera plus sombre, au dessus plus clair.

 

La peinture est utilisée pure (c'est à dire sans aucun diluant). A ce stade, on ne se soucie absolument pas des plis du tissu : les creux et les reliefs sont peints dans la même couleur.

 

Une fois l'ensemble de la surface recouverte, on tire bien la peinture avec un pinceau propre et sec pour lisser et enlever l'exédent.

Poursuite des opérations avec la partie basse, selon le principe précédent.

 

On utilise le mélange n° 2 de la palette.

 

Les derniers millimètres du bas de la cape restent vierges pour l'instant.

Vous vous en doutez, on passe à la partie supérieure, plus claire, en utilisant le mélange n° 4 de la palette.

 

La différence de tonalité est moins perceptible mais reste bien présente.

 

Toujours bien tirer et bien lisser la peinture au pinceau sec. Si vous manquez de pinceaux propres pour les différents lissages, il suffit de bien essuyer celui que vous utilisez sur un chiffon sec : si vous le nettoyez dans votre pot de diluant, vous devrez patientez longtemps avant qu'il ne soit suffisamment sec pour être utilisable.

 

Et si vous tentez de lisser avec un pinceau encore humide, vous parviendrez seulement à enlever la peinture que vous venez de poser !

Encore un petit effort avec le sommet des épaules.

 

C'est la partie la plus éclairée, d'autant plus que la surface est presque horizontale. Elle est donc fortement exposée à la lumière qui tombe d'en haut (pensez à la pluie qui mouille vos épaules)

 

 

On utilise donc le mélange n° 5 de la palette, le plus clair.

Et pour terminer, le bas de la cape : les quelques millimètres laissés de côté tout à l'heure.

 

Le mélange n° 3, presque noir, est utilisé ici.

A ce stade, l'aspect de l'ensemble est assez surprenant ... Mais ne l'oublions pas, c'est de la peinture à l'huile, et la magie du fondu va opérer !

 

Fondre les couleurs ? Il s'agit d'estomper les frontières entre les bandes pour l'instant juxtaposées.

 

Pour ce faire, avec un pinceau émoussé (et toujours bien sec),  travaillez sur les limites. Plusieurs gestes sont possibles : tapoter avec le pinceau tenu perpendiculairement à la surface, ou estomper en donnant des coups de pinceaux alternativement vers le haut et vers le bas de la pièce. Un peu de pratique est nécessaire pour maîtriser le geste que chacun trouvera le plus adapté.

 

Les couleurs s'interpénètrent progressivement, et la transition devient imperceptible. C'est le fondu ! Attention de ne pas trop s'écarter de la limite initiale, sinon tout se mélange et l'éclairage disparaît dans un magma uniforme (mais sur une telle surface il y a peu de risques que ça arrive !)

 

La photo suivante présente le résultat obtenu.

 

 

 

 

Mais ce n'est pas fini ! L'éclairage d'ensemble est en place, mais tous les détails restent à fignoler :  

  • travailler chaque zone en tenant compte de la position de la source de lumière : éclairer les surfaces orientées vers le haut, ombrer celles orientées vers le bas.
  • de la même manière, reprendre les plis du tissu : éclairer les reliefs, ombrer les creux. 

C'est à ce moment que la photographie de la pièce sous-couchée peut vous être utile, pour bien repérer les zones d'ombre et de lumière.

 

Le travail est effectué dans le frais. La technique du fondu est presque la même que celle décrite plus haut : poser de la peinture plus claire (ou plus sombre selon le cas) à l'endroit voulu, bien tirer et fondre les limites.

 

Ce travail est nécessairement assez long ! Revoici donc la cape en cours.

 

 

Au bout d'un moment, vous atteindrez le maximum de contrastes que cette première couche de peinture permet d'obtenir : vous tentez d'éclaircir, ou d'assombrir, et il ne passe rien : les couleurs se mélangent mais le contraste n'augmente plus. 

 

C'est normal, la surface est saturée de peinture fraîche. Il est temps de s'arrêter et de laisser sécher.

 

Si vous utilisez le four, ça va plus vite, la peinture devient bien matte, mais vous perdez du contraste. Sinon, c'est plus long, et ça risque de rester un peu brillant ... A vous de choisir !

 

Une fois sec, il sera probablement nécessaire de reprendre le travail, au moins sur les lumières les plus intenses (par exemple le sommet des plis en haut de la cape) et sur les ombres les plus profondes (le fond des plis en bas).

 

Et, si vous le souhaitez donner un peu de vécu à la pièce, profitez-en pour commencer à ajouter quelques salissures. C'est ce que j'ai fait ici et, entre-temps, la figurine a rejoint son socle.

 

 

 

 

Et voici la cape terminée.

(les quelques brillances résiduelles disparaîtront au séchage)

 

 

J'espère que cet article pourra être utile à ceux qui souhaitent mettre en oeuvre pour la première fois cette technique de l'éclairage zénithal.

 

Mais cette cape toute simple peut se compliquer un peu si l'on décide d'y ajouter un motif, des carreaux par exemple ...

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Commentaires : 3
  • #1

    Duck (mardi, 18 décembre 2012 19:59)

    Très bel exposé, un beau dessin vaut mieux qu'un long discours, mais là, nous avons les deux et le discours est clair, précis et efficace et source d'inspiration.
    Merci JFP.

  • #2

    Juicers Reviews (mardi, 16 avril 2013 21:57)

    This is an excellent post! Thanks for sharing!

  • #3

    Alain DENIS (mercredi, 15 octobre 2014 19:54)

    Quelques couleurs à acheter et je me lance !
    Merci de vos conseils, au moins c'est clair.
    Huile ou Acrylique ??? y a t'il beaucoup de différence.
    Bien cordialement.
    A.DENIS