Cavalier hun

 

 

Pour l'instant il fait grise mine !

29 novembre 2011, reprise de l'article

 

Certes, il fait grise mine, mais avant d'en arriver là, il a fallu pas mal de boulot ... Reprenons donc à zéro avec l'ouverture de la boîte et le montage

Le montage

 

 

Donc on ouvre la boîte et on découvre ceci :

 

Pas moins de 16 pièces pour un piéton en 54 mm (enfin 65 mm plutôt, c'est du Laruccia) !

 

Le montage s'annonce assez compliqué, avec la cape en trois parties. Et il va falloir ménager l'accès du pinceau pour peindre les petits motifs caractéristiques des tenues de ces cavaliers.

 

Je commence par éliminer les tenons moulés sous les pieds. Je les remplacerai par deux pitons métalliques qui garantiront une fixation solide sur le socle. Ils pénètrent d'environ 20 mm dans les jambes de la figurine et de 40 mm dans le socle. A ce stade je ne colle pas encore les pitons, vous comprendrez pourquoi plus tard

 

Même chose pour la tête : le piton est très long, il va traverser la figurine jusqu'à la ceinture. Ainsi, il pourra servir à manipuler la pièce lors de la peinture.

 

Commençons à examiner le montage de la figurine.

 

Tout d'abord, ponçage au papier n° 600 pour éliminer le joint de coulée et quelques petites aspérités. Puis polissage à la laine d'acier 000. Toutes les pièces y passent. C'est un peu la corvée, mais il faut bien passer par là !

 

La cape comporte une partie frontale qui se positionne sur les épaules. L'ajustement est parfait, tout va bien !

 

 

De même, le buste s'ajuste bien sur la partie inférieure de la pièce. Collage à l'araldite pour solidariser les deux éléments avant de poursuivre !

 

 

On peut alors commencer à monter la cape. Comme les épaules et les bras sont d'un seul tenant avec cette cape, mieux vaut contrôler au préalable le montage des avant-bras : en effet, la main gauche tient un casque qui s'appuie sur le flanc du personnage, et la main droite est posée sur la hanche. Pas nécessairement facile à bien ajuster !

 

Je mets en place la partie supérieure de la cape en la collant avec un point de colle cyano pour pouvoir la démonter facilement plus tard.

 

Et je présente le pan gauche. La pièce s'est un peu déformée à la coulée, il faut donc la remettre légèrement en forme en la tordant avec précaution pour qu'elle s'ajuste bien sur l'épaule et la tunique.

 

 

 

Puis je la fixe provisoirement avec du Patafix afin de pouvoir mettre le bras en place.

 

 

Ce bras, nous devons tout d'abord le monter : 5 pièces avec le casque.

 

Puis percer un trou afin de préparer la mise en place du piton qui viendra consolider le montage.

 

 

Petite astuce en images pour percer correctement l'emplacement du piton du maintien du bras

 

 

 

 

 

Une petite boulette de Patafix sous le bras

 

 

 

 

 

On positionne l'avant bras en place pour réaliser une empreinte du trou qui y est déjà percé

 

 

 

 

Lorsqu'on retire l'avant bras, il reste effectivement un petit téton de Patafix à l'emplacement du trou. Idéal comme repère de perçage !

 

 

 

 

Il ne reste alors qu'à percer sur ce repère, les trous seront parfaitement alignés

 

 

 

 

 

Voici le résultat une fois le Patafix enlevé

 

 

Pour le bras droit, je procède de la même manière.

 

Je peux alors enlever la pièce supérieure de la cape et terminer le montage en collant en place les deux pièces latérales, parfaitement ajustées.

 

Collage à l'araldite rapide, finition du joint au Milliput, un peu de ponçage, et voilà le résultat.

 

La partie haute de la pièce est assemblée et s'emboîtera parfaitement sur la partie basse. Le long piton installé dans le coup traversera l'ensemble. 

 

 

Petit retour sur le socle pour une prise d'empreinte : deux boulettes de Patafix un peu aplaties, on positionne la pièce selon la bonne orientation, on appuie un peu.

 

Et voilà, il ne reste qu'à percer aux endroits indiqués !

 

Le terrain est sculpté dans du Mulliput, quelques petites pierres sont ajoutées. L'empreinte des semelles est prise dans le frais. 

On peut maintenant équiper la pièce de ses pitons de fixation, collés à l'Araldite

 

La phase de préparation est presque terminée. Voici les sous-ensembles dont je dispose pour la peinture

 

Montage à blanc pour un dernier contrôle

 

 

Et le revoici après les couches de base grises (Humbrol mat 28 bien dilué, comme d'hab !)

 

 

Avant de commencer la mise en couleurs, un petit travail de texture sur la cape, pour lui donner l'aspect d'un tissu lourd et rugueux.

 

Dans la peinture Humbrol diluée, j'incorpore de la poudre très fine et je badigeonne la cape avec ce mélange. L'opération est répétée à 3 reprises pour obtenir un aspect homogène sur l'ensemble de la surface.

 

Une vue de détail

 

 

 

 

Place à la peinture !

Voici déjà la partie supérieure sous-couchée

 

 

Peinture de la cape :

  • La base, très sombre, est composée de Brun Van Dyck + Noir de bougie + Bleu indigo + une pointe de violet de Bayeux
  • Pour l'ombre on ajoute du noir de bougie à la base
  • Et pour les éclaircies on ajoute du blanc de titane à 3 reprises, ce qui donne 3 niveaux de lumières

 

 

Lorsque c'est sec, je reviens délicatement avec des jus sombres dans les ombres et avec des brossages à sec au blanc presque pur sur les parties les plus éclairées.

 

 

L'effet de texture du tissu fonctionne bien, c'est gagné !

 

 

Passons à la partie inférieure. Pour commencer, la cotte de maille, traitée avec plusieurs jus d'un mélange de poudre métallique argentée et de peinture à l'huile (Brun Van Dyck et Noir d'Ivoire). Quelques pointes de lumières à la poudre presque pure sont ajoutées sur les reliefs les plus marqués 

 

 

 

Suite avec le fond gris de la première tunique et du pantalon. Le mélange est à base de gris de Payne, de noir de bougie et de blanc de titane.

 

Et dans le même temps, le rouge de la seconde tunique et des manches :

  • Base : rouge de cadmium foncé + rouge de cadmium moyen
  • Ombre : rouge de cadmium moyen + bleu indigo
  • Lumières en ajoutant du rouge de cadmium moyen à la base à 2 reprises

Toute la difficulté pour les manches est de réussir à positionner convenablement les ombres et les lumières, alors qu'elles ne sont pas en place ...

 

 

Comme les bandes blanches seront décorées de petits motifs de couleur bleue, la peinture du fond est légèrement bleutée (mélange à base de noir de bougie et de blanc de titane, avec une pointe de bleu indigo).

Et pour les manches, toujours cette difficulté de bien positionner la lumière ...

 

 

Je reprends la tunique grise pour améliorer les contrastes et je termine par les bottes :

  • la base est composée de TOB + Noir de bougie
  • pour les lumières, du balnc de titane est ajouté à 2 reprises
  • lorsque la première couche est sèche, je passe un jus épais de la base et j'éclaire dans le frais

Le haut des bottes est aggrémenté d'un petit liseré rouge  

 

 

Il est temps de passer à la décoration de la tunique et de la cape, toutes deux garnies de motifs géométriques.

 

Comme le sculpteur, je me suis inspiré de l'Osprey n° 425 (Men-at-Arms Roman Military Clothing (3) AD 400-640) : ce cavalier hun y figure en couverture !

 

Compte-tenu de la taille de la figurine, j'ai un peu simplifié les motifs de l'illustration pour que les dessins restent lisibles.

 

Toutes les broderies sont réalisées avec un mélange de bleu indigo et de blanc de titane, en variant le dosage selon l'éclairage. Le fond de couleur blanche est soigneusement préservé, afin d'éviter le plus possible les reprises qui nuiraient à la finesse des motifs. Inutile de préciser qu'un pinceau en parfait état est indispensable ! La suite en images

 

 

 

 

 

 

 

 

Début (timide et prudent) avec un premier détourage des motifs

 

 

 

 

 

 

 

La bordure centrale de la cape, avec de petits entrelacs, les plus réguliers possible

 

 

 

 

 

Le début des pièces de tissu qui garnissent les épaules. Le principe des réserves de blanc est bien illustré sur cette image

 

 

 

 

 

Et, après un certain temps (...), le motif terminé

 

 

Il reste à faire la même chose sur la tunique ! La bordure pour commencer ...

 

Et le motif terminé (inutile de décorer l'arrière qui sera masqué par la cape !)

 

 

Les deux galons qui ornent les manches ont été décorées selon le même principe. Et on peut enfin assembler la figurine pour terminer la peinture. Aucun problème de montage comme tout a été soigneusement préparé à l'avance.

 

 

Suite des travaux avec la peinture des armes, des pièces en cuir, des parties métalliques ... Rien de très compliqué et la pièce devient immédaitement beaucoup plus "lisible"

 

Vues de détail

 

 

Et il ne reste plus que la peau du personnage. Un peu bistre s'agissant d'un oriental. Caractéristique des huns : ils portent des scarifications sur les joues.

 

Un pas à pas de la peinture du visage, qui se dispense de commentaires ... Il suffit de faire défiler les images

 

 

 

C'est presque fini ! Avant de coller la figurine sur son socle, je termine le petit décor en collant quelques touffes d'herbe.

 

Une couche de peinture Humbrol marron foncé, puis un jus bien épais de noir de bougie + brun Van Dyck + TOB. Et enfin un brossage dans le frais avec de l'ocre jaune et du blanc. 

 

 

Et voici la pièce terminée, sous tous les angles 

 

Ce cavalier hun est désormais prêt à rejoindre ses petits camarades dans la vitrine, et attendre patiemment le magister militum (ref Soldiers SR-58), à qui il va servir de garde du corps.

 

 

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Commentaires : 7
  • #1

    Reptor (samedi, 17 décembre 2011 19:50)

    Superbe, je suis vraiment admiratif de ton talent, au plaisir de te revoir sur un salon!
    Amicalement
    Cyril

  • #2

    Duck (samedi, 17 décembre 2011 21:21)

    Mes yeux sont remplis d'émerveillement, c'est ma vitrine de Noël !
    Petite question, quelle poudre mets-tu dans ton pot "humbrol" pour simuler le grain de l'étoffe ?
    Merci pour la réponse.

  • #3

    Bono (dimanche, 18 décembre 2011 08:48)

    Trés beau travail, ca fait envie....et en plus une trés belle pièce, un tres chouette pas à pas.
    Un enchantement. bravo

  • #4

    JFP (dimanche, 18 décembre 2011 20:46)

    Merci et pour Duck, la poudre c'est du "Microballoons", un produit habituellement utilisé pour charger la résine de synthèse et l'alléger. Sa consistance est très fine, plus proche de celle de la farine que du sucre en poudre. C'est juste ce qu'il faut pour obtenir une surface un peu rugueuse. Prévoir au moins 2 et plutôt 3 passages pour que l'effet soit bien régulier

  • #5

    mund.p (jeudi, 29 décembre 2011 17:53)

    encore une belle peinture de plus et d excellente facture
    tres belle piece, comme d habitude bravo jfp

  • #6

    lapoissea (dimanche, 05 juillet 2015 16:18)

    bonjour
    je viens de découvrir le tuto, pourrais tu m'indiquer où trouver cette poudre "Microballoons".
    comme tous les autres sujets, super résultat

  • #7

    JFP (dimanche, 05 juillet 2015 20:27)

    Bonsoir lapoissea

    Merci ! Voici le lien vers le produit sur le site du fabricant

    https://www.deluxematerials.co.uk/fr/rc-modelling/72-microballoons-5060243900593.html