Léonidas 1er

Les fêtes de fin d'année, les cadeaux, les chocolats ... Léonidas ! Oui, mais pas que les chocolats !

 

Léonidas 1er (540 - 480 avant JC) était aussi (et surtout) le roi de Sparte. Il est resté célèbre par son opposition héroïque face aux Perses de Xerxes 1er,  lors la bataille des Thermopyles en août 480, durant laquelle il trouve la mort.

 

Le roi perse Xerxes lance une offensive sur la Grèce : la deuxième guerre médique. Il s'agit pour lui de se venger d'Athènes qui a vaincu son père Darius à la bataille de Marathon (pendant la première guerre médique en 490).

 

L'armée grecque tente de contenir celle des envahisseurs perses, beaucoup plus nombreuse. L'affrontement  a lieu à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès à la Grèce centrale, le long de la mer Égée.

 

Cette bataille est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. À la suite d'une manœuvre de contournement des perses, la plupart des grecs abandonnent le combat. Seul le contingent spartiate, commandé par Léonidas, décident de combattre jusqu'au sacrifice pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense.

 

 

Le courage des spartiates est devenu légendaire. La bataille des Thermopyles est l'un des emblèmes de la résistance grecque à l'envahisseur car, grâce à elle et malgré la prise d'Athènes par les Perses, les Grecs purent conserver leur indépendance, après leur victoire à Salamine en septembre 480, menés cette fois par Thémistocle face à la flotte de Xerxes.

Thémistocle et Xerxes figurent d'ailleurs dans la série proposée par Art Girona et Adriano Laruccia. Et Léonidas sera donc ma première figurine de cette année 2016 ...

 

Elle patientait depuis quelques temps dans l'atelier. Le montage d'un premier exemplaire s'est révélé impossible en raison d'une déformation de la cape. Le temps d'en faire l'échange chez Art Girona lors du concours de Sèvres et me voici reparti pour cette aventure spartiate.

 

Cette fois-ci, l'assemblage se passe mieux, tout en restant délicat en raison de la position du bras gauche et du bouclier.

 

Pour que le bouclier se positionne correctement sur les plis de la cape, il est nécessaire de descendre un peu le bras. Une retouche de mastic sera donc nécessaire sur l'épaule (le défaut est bien visible sur la première photo qui suit).

 

 

La lance dépasse à l'avant et à l'arrière du socle. Très fragile lors des expos ! J'ai donc préféré la refaire à partir d'une tige d'acier. La main et les extrémités de la lance d'origine ont été récupérées et fixées sur cette tige.

La main droite et tout le gras gauche avec le bouclier resteront amovibles pour la peinture. Pas de bras ... pas de chocolat ! Voilà qui tombe mal pour Léonidas !

Les vêtements

La tenue traditionnelle des spartiates était à dominante pourpre, semble-t-il pour que les tâches du sang des blessures passent inaperçues aux yeux de l'adversaire. C'est donc la couleur que j'ai choisie pour la cape et la tunique.

 

Léonidas porte un casque d'hoplite avec un large cimier transverse, des cnémides (jambières) métalliques et une armure en écailles, ce qui appelle quelques commentaires car elle correspond pas à l'image classique des hoplites.

 

A partir de 500 av JC, le corselet antique en bronze a progressivement été remplacé par une armure plus légère et plus souple, le linothorax, en lin recouvert de cuir et/ou d'écailles métalliques, pouvant être munie de lambrequins en partie basse. C'est ce que porte ici Léonidas qui, en tant que roi, devait être équipé des armes les plus perfectionnées de son époque. 

 

Le port du casque, rejeté en arrière, peut surprendre. Cependant, les hoplites avaient l'habitude de porter ainsi, car il nuisait beaucoup à la vue et à l'audition de son propriétaire. Le casque corinthien d'origine, d'une seule pièce et très fermé, sera plus tard percé de 2 trous dégageant les oreilles. Puis les couvre-joues seront montés sur des articulations ... 

 

Allons-y pour la peinture ; c'est commencé un peu partout mais fini nulle part ...

 

La palette de couleurs composée pour les rouges.

 

 

Petite suite, les choses se précisent peu à peu mais il reste encore beaucoup de travail, notamment sur la peau.

 

 

Le visage, en cours de peinture. Quelle gravure, il ne lui manque pas une dent !

La partie haute du cimier a été ornée d'un (petit ...) motif en damier, traditionnel des casques des hoplites.

Gros plan sur le bouclier

Le bouclier rond est en bronze. Il est orné d'une sorte de V inversé, symbole de Sparte (la lambda grecque - L comme Lacédémone, le nom ancien de Sparte dans l'Antiquité) Et comme c'est un roi, un motif géométrique à base de triangles a été ajouté pour orner le pourtour.

 

Un petit truc pour tracer ce motif de manière régulière :

  • sur un carton, tracer un cercle et le diviser en 24 secteurs avec un compas ;
  • peindre le pourtour du bouclier en blanc cassé
  • lorsque c'est bien sec, poser le bouclier bien centré sur le carton ;
  • à la peinture, tracer un repère au droit de chaque trait du carton ;
  • diviser en deux l'espace entre chaque repère ;
  • et voilà, vous avez la pointe de 48 triangles noirs qu'il reste à dessiner sur le fond blanc, avec de la peinture un peu diluée au WS.

Montage du bras

Le petit piton métallique assurera un assemblage solide du bras. Collage à la cyano (Colle 21 !).

Vu de plus près, ce montage est encore loin d'être parfait ... Donc petit masticage, retouche rapide à l'acrylique et hop, on va pouvoir poursuivre !

Le décor

Il s'agit de représenter un sol sec, l'action se situant en Grèce en plein mois d'août. En résumé et en quelques images :

  • La base du terrain, réalisée en mastic et visible sur les photos précédentes, est garnie de quelques herbes et débris de mousse divers, fixés à la colle blanche diluée à l'eau ;
  • L'ensemble est peint à la peinture Humbrol dans une couleur tirant sur le gris beige ;
  • Un jus de TOB vient souligner les creux ;
  • Enfin différents brossages et jus alternés dans des couleurs claires viennent souligner les reliefs et apporter des nuances. 

Retour sur le personnage

Le visage mérite qu'on s'y applique pour en tirer la quintessence. Qu'il est expressif et bien gravé ! Mais que les dents sont petites !

 

 

 

 

Tous les détails de l'équipement sont travaillés afin d'améliorer leur lisibilité. La face extérieure du bouclier reçoit un supplément de patine. Par contre, pas de blessure, de sang, ni trop de salissures. Question de goût personnel, mais on pourrait ...

  

La main droite qui tient la lance, ébauchée séparément, est collée en place puis la peinture est reprise pour bien positionner les ombres et les lumières. 

 

Et voici le résultat, sous un angle montrant le bouclier qu'on verra peu dans la vitrine.

 

En conclusion, une figurine très dynamique dans son attitude et un visage absolument superbe. Certes, elle n'est pas simple à monter correctement, mais les difficultés du départ sont largement compensées par le plaisir de la mettre en couleurs.

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Commentaires : 1
  • #1

    Duck (jeudi, 21 janvier 2016 14:55)

    Hello Jean-François, remarquable travail sur une figurine un peu délicate à réaliser....Thermopyles ou en français, "Portes chaudes"....