Guerrier celte avec carnyx

Le personnage est un guerrier gaulois joueur de Carnix. Cet instrument est très peu représenté en figurine, ce qui fait l'originalité et l'intérêt principal de cette pièce.

 

Le Carnix était un instrument de musique de guerre, dont le bruit était réputé effrayer les ennemis. Très long (de la taille d'un homme), le son du carnyx portait loin. Il pouvait aussi servir de signal.

 

Son ouverture était souvent décoré d'une tête d'animal, le son sortant donc de la gueule ouverte de celui-ci. Voici 2 liens pour vous permettre d'écouter l'instrument. Particulier ...

http://www.youtube.com/watch?v=hVAWwWi0DbE

http://www.youtube.com/watch?v=efEowt6HCok

 

Notre gaulois est en outre doté d'un armement au grand complet : longue épée, hache, lance, bouclier, une autre épée dans le dos ... Pauvre guerrier lourdement chargé !

 

Préparation et montage

 

 

La gravure et la fonderie sont correctes. Les pièces sont préparées selon le procédé habituel : ébavurage, suppression des joints de coulée, polissage. Toutes les petites pièces sont munies d'un tenon de fixation pour consolider le montage.

 

Le montage justement est un peu délicat. En particulier l'ajustement des bras.

 

Pour ma part, je les ai posés sur le carnyx (sur lequel les mains sont gravées) et j'ai préparé la fixation de l'ensemble sur les épaules. Le visage sera peint avant ce collage, ensuite il serait très difficilement accessible.

 

 

 

 

Pour alléger un peu l'armement, la hache prévue à la ceinture ne sera pas mise en place. Un peu de milliput permet de refaire le morceau de ceinture manquant et un peu de fourrure.

 

 

Le pitonnage des pièces ... Comme le bouclier sera posé sur le sol, un piton est placé à la base. Des traces de coups sont gravées sur la face extérieure à la pointe à tracer

 

 

Et lorsque tout est prêt, je pose une sous-couche grise (3 passages de Humbrol mat 28, bien dilué au WS), puis les sous-couches colorées, toujours à la peinture Humbrol

28 avril 2011

 

Les couches de base colorées :

- vert foncé 102 (tunique et bouclier)

- beige 63 (cape et pièce de fourrure sur l'avant)

- marron 186 (pièce de cuir)

- marron foncé 98 (carnyx et casque - pièces destinées à être métallisées)

- chair 61( visage et mains)

- noir mat 85 (cote de mailles)

- rouge 60 (ruban du carnyx)

 

Références Humbrol. Le tout bien dilué au WS et passé en deux couches pour obtenir un fond bien homogène

 

Sur les images précédentes, tout est monté à balnc (sauf l'ensemble bras - carnyx constitué précédemment). Il sera nécessaire de peindre pas mal de choses séparément puis d'assembler ...

 

En tout cas le montage du carnyx se présente plutôt bien, ouf ...

 

 

Et pendant que ça sèche, préparation du décor : à l'arrière plan, un tronc d'arbre sur lequel viendra s'appuyer le bouclier, et un terrain ébauché au milliput

 

 

 

 

La peinture

 

 

15 mai 2011

 

Après ces couches de base, le début de la peinture, avec la tunique

La palette est préparée comme ceci :

  • Base : cobalt turquoise + ocre jaune à 50/50, avec une pointe de rouge foncé pour dessaturer le mélange
  • Ombre : base + brun Van Dyck
  • Lumière 1 : base + ocre jaune + blanc de titane
  • Lumière 2 : L1 + Blanc de titane

 

 

La suite avec les braies, dont le motif sera un damier. Mais, avant de commencer à dessiner le motif, une première couche de fond à l'huile pour placer quelques ombres et lumières.

 

La palette est faite à partir de noir d'ivoire et de brun Van Dyck ; du blanc de titane est ajouté progressivement pour obtenir plusieurs niveaux de lumière

La jambe gauche sera en grande partie à l'ombre de la cape ; je l'éclaire donc un peu moins que la jambe droite

 

 

Lorsque cette première couche est bien sèche, on peut passer au tracé du motif.

Le but est d'obtenir ceci : des lignes sombres qui se croisent, avec à l'intersection un carré clair

 

Je vais ainsi tracer tout d'abord les lignes verticales, puis les lignes horizontales. La peinture est bien étendue au WS pour avoir en gros la consistance du lait, ce qui permet de dessiner plus facilement et de corriger le tracé.

 

Un pinceau propre, humecté de WS, permet de retoucher le dessin au fur et à mesure de la progression.

 

Puis, avant que ça sèche, je vais effacer les intersections pour retrouver le fond clair.

 

Au bout du compte, le motif est bien régulier. On peut tricher un peu dans les parties arrières qui seront masquées plus tard par la cape.

 

La suite en images (ça se passe sur la jambe de droite !) ...

 

 

Lorsque le motif est en place, laisser sécher avant d'attaquer la suite. Le peinture n'est pas bien belle à ce stade, on voit tous les traits de pinceau, mais c'est sans importance, puisqu'on va tout reprendre.

 

Il s'agit maintenant de repeindre chaque carreau l'un après l'autre, en plaçant les ombres et les lumières.

 

La palette tout d'abord : Noir - Brun Van Dyck - TOB - Blanc de titane. J'ai préparé 6 tons différents du plus sombre au plus clair.

 

En gros les tons les plus clairs des carrés sombres seront les ombres des carrés clairs.


J'ai travaillé d'abord tous les carrés sombres. La peinture est un peu étendue au WS sur la palette, pour être crémeuse et plus facile à étaler. Pinceau bien affuté indispensable.


Pour l'éclairage, je commence par définir les grandes zones d'ombre et de lumière, puis je fignole chaque carré en tenant compte des plis du tissu

Et on recommence avec les carrés clairs, sur le même principe. On peut corriger les petits défauts du tracé initial.


C'est assez long mais c'est aussi beaucoup plus agréable que l'étape précédente car le motif apparaît peu à peu.

 

Voici le résultat obtenu. Et pour m'économiser, je n'ai pas peint la partie de la jambe gauche qui sera masquée par la cape !

 

 

Pour laisser ces carreaux sécher au calme, je vais m'intéresser à la cape, qui elle aussi sera ornée de carreaux (j'aime bien les carreaux !).

 

Comme précédemment, je passe une couche de fond pour placer les ombres et les lumières, surtout sur la face intérieure qui sera peu accessible après le montage.

 

La base est composée de brun Van Dyck. J'ajoute de l'ocre d'or puis du blanc de titane à 2 reprises pour composer les lumières. Et pour l'ombre la plus profonde, une pointe de bleu indigo est incorporée au mélange de base.

Pour manipuler la pièce pendant la peinture, le petit piton est bien utile. J'utilise une pince à clamper qui assure une prise parfaite.

 

Le résultat après cette première couche n'est pas terrible. Pour une cape qui resterait unie, il faudrait bien entendu recommencer, pour augmenter les contrastes, mais comme il va y avoir des carreaux, c'est bien suffisant !

 

 

Suite avec le début de la peinture de la peau de bête qui pend sur la tunique. Ne sachant trop de quel animal il s'agit (loup, renard ?), j'ai choisi une fourrure brune avec des reflets ocres et orangés. Je pose des touches franches de lumière sur les parties qui seront éclairées. L'ensemble sera méticuleusement repris par la suite, "poil par poil"

 

Et au passage, j'ébauche les parties en cuir avec un lavis de TOB. J'incorpore un peu de noir d'ivoire dans ce lavis pour traiter les parties ombrées, et un peu de blanc pour les parties éclairées.

 

 

 

La suite du travail sans doute dans un prochain numéro de la revue Figurines, le temps d'écrire l'article ...

 

Voici toujours la pièce terminée, la cape est également à carreaux

 

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Commentaires : 5
  • #1

    Brenn (vendredi, 30 décembre 2011 10:47)

    Bjr, je viens de découvrir la fiche concernant le sonneur de carnyx...passionné de culture celtique et bien évidemment figuriniste de guerrier celte, pourriez vous me communiquer les référence du votre personnage ????...merci d'avance.

  • #2

    JFP (jeudi, 05 janvier 2012 19:39)

    @ Brenn : c'est une référence ROMEO (RM 54-096).Voici le lien :
    http://www.romeomodels.com/product_info.php?products_id=186

  • #3

    Phil59 (dimanche, 27 septembre 2015 18:44)

    Bonjour JFP.
    En relisant le montage de ce celte avec son carnyx et le problème concernant le montage des bras, je vois que vous utilisez du fil de cuivre torsadé en guise de tenon, est ce que cela permet un ajustement plus facile du fait que ce soit du fil ?
    Merci pour votre réponse.

  • #4

    JFP (lundi, 28 septembre 2015 09:13)

    Bonjour Phil59
    Oui, le fil de cuivre est plus souple que les traditionnels morceaux de trombone. Comme il se plie facilement, il autorise des petites imprécisions de perçage, ce qui est parfois le cas lors des petits assemblages un peu délicats comme ici.

    On peut également employer du fil à freiner en acier inox (diamètre 0,5 mm) utilisé en mécanique.

  • #5

    Phil (vendredi, 02 octobre 2015 11:16)

    Bonjour JF.
    J'ai repris le montage de mon "Chevalier avec hache" de chez Andréa, pour lequel j'avais un problème similaire avec les deux mains sur la hache, j'ai donc fait un montage relativement hasardeux, bref ... Ma question concerne le polissage de l'ensemble mains et carnyx avant sous couche, comment faites vous ?
    Merci pour votre réponse.
    Cordialement. Phil.